Fos-Berre : un réseau électrique sous tension

Par Armand Rosam |

RTE poursuit son programme Fos-Berre-Provence 2030. Il doit renforcer le réseau électrique dans le Sud-Est. Le but est d'accompagner la réindustrialisation, la décarbonation des sites industriels et l'électrification des usages. Cependant, le projet de nouvelle ligne à très haute tension (THT) continue de susciter une vive opposition en Camargue.

Fos-Berre : un réseau électrique sous tension

RTE poursuit son programme Fos-Berre-Provence 2030. Il doit renforcer le réseau électrique dans le Sud-Est. Le but est d’accompagner la réindustrialisation, la décarbonation des sites industriels et l’électrification des usages. Cependant, le projet de nouvelle ligne à très haute tension (THT) continue de susciter une vive opposition en Camargue.

Un réseau adapté aux besoins industriels

Selon RTE, la consommation d’électricité pourrait fortement augmenter d’ici 2030. Plus de 6 GW de demandes de raccordement ont déjà été exprimées sur le territoire, soit l’équivalent de la consommation actuelle de la zone. Pour répondre à ces besoins, le gestionnaire du réseau prévoit d’investir près d’un milliard d’euros dans les Bouches-du-Rhône et le Gard.

Une nouvelle ligne à 400 kV

Le programme comprend plusieurs opérations. RTE modernise notamment les postes électriques existants, renforce plusieurs lignes à 400 kV et transforme certaines liaisons de 225 kV en 400 kV. Le projet le plus emblématique reste toutefois la création d’une ligne aérienne de 400 000 volts entre les postes de Feuillane, à Fos-sur-Mer, et de Jonquières-Saint-Vincent, dans le Gard. Longue d’environ 65 km, cette liaison doit sécuriser l’alimentation électrique de la région et accompagner les futurs projets industriels bas carbone.

Pourquoi une ligne aérienne ?

RTE défend le choix d’une ligne aérienne. Selon l’entreprise, cette solution répond aux contraintes techniques, économiques et calendaires du projet. Un enfouissement total repousserait la mise en service au-delà de 2035. Il entraînerait également une emprise au sol plus importante et un coût estimé entre 3,6 et 4 milliards d’euros, contre environ 400 millions d’euros pour la solution aérienne.

Une opposition qui s’organise

En parallèle, le projet fait face à une contestation grandissante. Début juin, plusieurs collectifs, élus, agriculteurs et associations environnementales se sont rassemblés à Arles pour dénoncer l’impact de la future ligne sur les paysages, les terres agricoles et les espaces naturels de Camargue. Les opposants demandent notamment un enfouissement de la liaison ou l’étude de solutions alternatives.

Une concertation toujours en cours

L’instruction de la Déclaration d’utilité publique est désormais engagée. En parallèle, les concertations se poursuivent afin de préciser le tracé définitif et les mesures d’accompagnement. Ce projet illustre ainsi le défi auquel sont confrontés les gestionnaires de réseaux : développer les infrastructures indispensables à la transition énergétique tout en conciliant protection des territoires, acceptabilité locale et préservation de l’environnement.

Sources : RTE – Programme d’électrification Fos-Berre-Provence 2030 ; Connaissance des Énergies – Manifestation en Camargue contre le projet de ligne THT.