Le 2 octobre 2026, le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF) a installé sa première membrane nouvelle génération à Méry-sur-Oise. Avec elle, le service public engage la phase industrielle du projet « Vers une eau pure ». Ce chantier d’envergure vise à protéger 4 millions de Franciliens face aux nouveaux enjeux sanitaires.
Une métamorphose technologique
L’usine de Méry-sur-Oise s’appuie sur plus de 25 ans de savoir-faire dans le traitement de l’eau. En effet, le site exploitait déjà la nanofiltration à grande échelle depuis 1999. Les membranes actuelles arrivant en fin de vie, le SEDIF a choisi de renouveler ses installations avec des équipements encore plus performants et moins énergivores.
Ce nouveau procédé combine la nanofiltration et l’osmose inverse. La filtration physique s’effectue sous pression à travers des filtres microscopiques, retenant les polluants les plus fins. Grâce à des pores jusqu’à un million de fois plus petits qu’un cheveu, la barrière sanitaire bloque plus de 90 % des PFAS, des métabolites de pesticides et des résidus médicamenteux.
De plus, cette technologie adoucit nettement l’eau en éliminant l’excès de calcaire. Elle élimine également la matière organique restante, ouvrant la voie à une distribution d’eau peu, voire non chlorée dès 2028.
Six ans d’ingénierie et de chantiers sous voirie
Le déploiement industriel s’étale de 2026 à 2032 sur trois usines clés du réseau. À Méry-sur-Oise, l’opération consiste à remplacer l’existant jusqu’à la fin 2027. En revanche, les sites de Choisy-le-Roi et de Neuilly-sur-Marne nécessitent de lourds travaux de génie civil. Ces chantiers prévoient la construction de bâtiments dédiés et de postes électriques haute tension.
Cependant, les travaux n’impactent pas le quotidien des usagers. Grâce au maillage complet des canalisations, les autres usines prennent le relais lors des ajustements techniques. Par ailleurs, l’entreprise RTE pilote la pose sous voirie des liaisons souterraines de 225 kV pour alimenter ces nouvelles infrastructures. Le SEDIF assure la maîtrise d’ouvrage globale, tandis que son délégataire Franciliane (Veolia) gère la réalisation et l’exploitation des installations.
Un bilan économique et environnemental équilibré
Bien que la consommation électrique des usines augmente sur site, l’impact environnemental global reste très favorable. L’adoucissement de l’eau évite l’entartrage des chauffe-eau domestiques, générant une économie nette de 31 GWh d’électricité par an à l’échelle du territoire.
Sur le plan financier, le surcoût de 4 € HT par mois et par foyer à l’horizon 2030-2032 est largement compensé. Les ménages économiseront entre 50 € et 100 € par an grâce à la baisse de consommation d’énergie, à la réduction des produits ménagers et à l’abandon de l’eau en bouteille. Enfin, le SEDIF poursuit ses actions préventives sur le terrain et ses recours juridiques pour appliquer le principe pollueur-payeur face aux industriels.