Le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit trois mesures attendues par la filière hydrogène. France Hydrogène estime qu’elles pourraient déclencher plus de 5 milliards d’euros d’investissements privés. Le mécanisme de double enchère pour les e-SAF, l’IRICC et la deuxième tranche du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène (MSP) sont désormais inscrits au projet de budget.
Trois mesures pour soutenir l’hydrogène
Présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, le PLF 2027 concrétise trois mesures identifiées comme prioritaires par la filière.
Il prévoit d’abord un mécanisme de double enchère pour soutenir les carburants aériens de synthèse (e-SAF). Il confirme ensuite l’entrée en vigueur de l’Incitation à la réduction de l’intensité carbone des carburants (IRICC).
Enfin, le gouvernement confirme une enveloppe de 1,2 milliard d’euros pour la deuxième tranche du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène décarboné (MSP).
Selon France Hydrogène, ces dispositifs doivent permettre à plusieurs projets industriels français d’atteindre leur décision finale d’investissement (FID).
Les e-SAF en ligne de mire
La France dispose actuellement du premier portefeuille de projets e-SAF en Europe, selon France Hydrogène. Elle se place ainsi derrière la Chine à l’échelle mondiale.
Le mécanisme de double enchère doit contribuer à concrétiser ces projets. Il vise notamment à résoudre un problème de temporalité. Les producteurs doivent sécuriser leurs investissements sur 10 à 15 ans. À l’inverse, les consommateurs peuvent difficilement s’engager au-delà de trois ans.
Le dispositif doit donc rapprocher ces deux horizons. Il s’appuie par ailleurs sur la demande créée par le règlement européen ReFuelEU Aviation.
14 milliards d’euros de projets
L’enjeu industriel est important. Douze projets français pourraient entrer en service entre 2030 et 2035. Ils représentent plus de 800 000 tonnes de capacités annuelles de production d’e-SAF et plus de 14 milliards d’euros d’investissements potentiels.
Selon France Hydrogène, leur réalisation mobiliserait 3,4 GW d’électrolyse. Cela représenterait environ 40 % de l’objectif fixé par la Stratégie nationale hydrogène à l’horizon 2035.
Ces projets pourraient également générer plus de 3 600 emplois directs et indirects pérennes pour l’exploitation des sites.
Ils permettraient enfin de transformer près de 27 TWh d’électricité décarbonée en valeur ajoutée industrielle en France. Ils contribueraient ainsi à répondre aux besoins français et européens en carburants aériens de synthèse.
Un dispositif pour 160 000 tonnes d’e-SAF
Le mécanisme prévu par le gouvernement doit soutenir jusqu’à 160 000 tonnes de production d’e-SAF par an.
Cette capacité correspond au volume nécessaire pour atteindre le mandat français de 2 % fixé pour 2032 par ReFuelEU Aviation, selon France Hydrogène.
Concrètement, le dispositif pourrait soutenir deux grands projets. À eux seuls, ils représenteraient près de 3 milliards d’euros d’investissements privés.
L’IRICC doit soutenir la demande
Le PLF 2027 inscrit également l’IRICC. Cette mesure doit contribuer à sécuriser la demande en hydrogène renouvelable et bas-carbone.
Plusieurs secteurs sont concernés. Il s’agit notamment du raffinage, des carburants de synthèse pour le transport maritime et de la mobilité routière.
France Hydrogène estime que l’IRICC pourrait déclencher près de 2 milliards d’euros d’investissements privés dans des projets hydrogène. Ce montant reste toutefois dépendant du niveau du quota hydrogène qui sera finalement retenu.
1,2 milliard d’euros pour le MSP
Enfin, le PLF confirme une enveloppe de 1,2 milliard d’euros pour la deuxième tranche du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène décarboné.
Cette nouvelle tranche a été lancée en septembre. Elle intervient après l’annonce des premiers lauréats du dispositif durant l’été.
L’objectif est désormais de faire émerger de nouvelles décisions finales d’investissement. Plusieurs secteurs industriels stratégiques sont concernés. Parmi eux figurent la sidérurgie, les engrais et la chimie.
La filière attend désormais le vote
Avec ces trois mesures, France Hydrogène considère que le PLF 2027 traduit les orientations définies lors du comité de pilotage ministériel hydrogène du 22 juillet.
Pour Nicolas Brahy, président de France Hydrogène, la filière se trouve désormais à un moment charnière. Les entreprises doivent notamment reprendre d’importantes décisions finales d’investissement dès 2027.
L’organisation estime que le vote de ces mesures permettrait de transformer une partie du potentiel français en investissements industriels.
Le PLF 2027 doit désormais poursuivre son parcours parlementaire avant son adoption définitive.
