La filière française du gaz vert dépasse un cap symbolique. Plus d’un million de clients ont désormais souscrit un contrat de gaz vert. Réunis au salon Interclima 2026, les professionnels du secteur ont mis en avant une dynamique qui mobilise l’ensemble de la chaîne de valeur.
Une filière mobilisée
La production de gaz vert repose sur une chaîne d’acteurs répartis sur l’ensemble du territoire. Agriculteurs, producteurs, énergéticiens, gestionnaires de réseaux, distributeurs, industriels et installateurs y participent.
Les collectivités, bailleurs sociaux, maîtres d’ouvrage et organisations professionnelles sont également impliqués. Tous contribuent au développement et à la diffusion des gaz verts auprès des consommateurs.
Le cap du million de clients illustre cette mobilisation. Le gaz vert est produit localement. Il est ensuite injecté dans les réseaux de gaz avant d’être consommé dans les bâtiments et les logements.
Cette chaîne commence principalement avec la valorisation de déchets agricoles et agroalimentaires. Elle se poursuit avec les acteurs chargés de distribuer, concevoir, installer et maintenir les équipements.
Plus de 850 sites de méthanisation
La France dispose aujourd’hui d’une filière importante de production de biométhane. Plus de 850 méthaniseurs injectent du gaz vert dans les réseaux. La production dépasse désormais 16 TWh.
La filière met également en avant le potentiel de nouvelles technologies. La pyrogazéification, la gazéification hydrothermale et la méthanation pourraient notamment permettre de valoriser davantage les ressources disponibles dans les territoires.
Selon les « Perspectives gaz 2050 », publiées par France Gaz en septembre 2026, ces différentes technologies pourraient contribuer à réduire progressivement la place du gaz fossile importé.
Des infrastructures déjà disponibles
Le développement des gaz verts s’appuie aussi sur les infrastructures gazières existantes. La filière souligne ainsi la complémentarité entre production locale, réseaux et équipements installés dans les bâtiments.
Elle met également en avant différentes solutions de chauffage. Les chaudières à très haute performance énergétique (THPE) et les systèmes hybrides figurent notamment parmi les équipements mobilisables.
Les professionnels de l’installation et de la maintenance jouent, eux aussi, un rôle central. Ils accompagnent les collectivités, les maîtres d’ouvrage et les particuliers dans le choix, la mise en œuvre et l’entretien des équipements.
Un million de clients
Le million de clients consommant du gaz vert constitue donc un marqueur du développement de la filière.
Lors d’un événement organisé le 29 septembre à Interclima 2026, plusieurs représentants du secteur ont rappelé leur soutien au développement des gaz verts et à la diversification du mix énergétique.
Parmi eux figuraient Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove, Pascal Housset, président de l’UMGCCP-FFB, Jean-Claude Rancurel, président des métiers de la Couverture et Plomberie/Chauffage de la CAPEB, ainsi qu’Éric Hernandez, président du SYNASAV.
Roland Mongin, délégué général de COEDIS, Jérôme Chambin, directeur de la Communication, du Marketing et des Relations Filières de GRDF, et Romain Ruillard, directeur général de PG – Professionnels du Gaz, participaient également à l’événement.
Quel rôle pour les gaz verts dans les bâtiments ?
La filière considère les gaz verts comme l’une des composantes possibles d’un mix énergétique diversifié. Elle met notamment en avant leur caractère renouvelable et leur capacité à être stockés.
Dans les bâtiments, cette complémentarité répond aussi à la diversité des besoins énergétiques. Le secteur reste fortement thermosensible. Les consommations et les appels de puissance peuvent donc varier fortement selon les périodes.
Pour les acteurs réunis à Interclima, la poursuite du développement des gaz verts doit ainsi accompagner la décarbonation du secteur tout en valorisant les ressources produites dans les territoires.
« Ce chiffre du million de clients consommant du gaz vert témoigne avant tout de la mobilisation de toute une filière », souligne Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove.
Selon lui, le développement du biométhane constitue également un soutien à l’agriculture. La méthanisation permet en effet de valoriser des déchets et de produire des digestats pouvant se substituer à une partie des engrais chimiques utilisés pour les cultures.
La filière entend désormais poursuivre cette dynamique et développer les usages du gaz vert dans le mix énergétique français.
