L’État et les industriels font bouger les lignes dans le cadre de la transition énergétique. Le 22 juillet 2026, la ministre déléguée chargée de l’Énergie et le ministre délégué chargé de l’Industrie ont réuni les acteurs du secteur de l’hydrogène. Objectif : transformer les projets actuels en investissements concrets.
Un portefeuille de projets massifs
D’abord, la France affiche de grandes ambitions pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Le pays développe actuellement un portefeuille de 27 grands projets de production d’hydrogène. Ces infrastructures ciblent en priorité le raffinage, la sidérurgie et les transports lourds.
Grâce à ces projets, la France se positionne au 2ème rang mondial pour les carburants de synthèse aériens. De plus, neuf de ces chantiers majeurs pourraient déclencher leur décision finale d’investissement d’ici dix-huit mois. Cela représente un investissement privé de 7,5 milliards d’euros. À terme, ces sites consommeront 20 % de l’excédent électrique national (19 TWh) pour verdir notre industrie.
Premières victoires et soutien public
Par ailleurs, la dynamique s’enclenche déjà sur le terrain. L’État vient d’annoncer les trois premiers lauréats du mécanisme de soutien à l’hydrogène décarboné :
- Hydrozère (ENGIE Solutions H₂)
- eM-Rhône (Elyse Energy)
- FertHySomme (FertigHy)
Concrètement, ces trois sites totalisent 161,4 MW de capacités d’électrolyse. Ils recevront une aide publique de 778 millions d’euros sur quinze ans. Cependant, les fabricants français d’électrolyseurs attendent désormais les prochaines tranches de la Stratégie nationale pour saturer leurs usines. Celles-ci visent une capacité annuelle de fabrication de 4 GW à l’horizon 2032.
Quatre mesures urgentes à acter
Finalement, tout se joue maintenant. Sans arbitrages financiers rapides dans le projet de loi de finances pour 2027, la filière craint un gel des projets matures. Pour éviter ce décrochage, les ministres et les industriels s’accordent sur quatre priorités :
- Poursuivre le soutien financier direct aux projets industriels de production.
- Acter l’entrée en vigueur du mécanisme fiscal IRICC dès 2027 pour stimuler la demande.
- Créer un système de double-enchère nationale pour sécuriser les carburants aériens.
- Imposer un véritable critère « Made in Europe » pour valoriser les usines locales face à la concurrence internationale.
