Hydrogène : BarMar passe à l’ingénierie détaillée

Par Armand Rosam |

Le projet BarMar, maillon stratégique du corridor H2med, arrive à un tournant. Après la réussite des études de pré-ingénierie (pre-FEED), la future canalisation sous-marine d’hydrogène reliant Barcelone à Marseille entre dans sa phase d’ingénierie détaillée (FEED). Cette avancée confirme l’ambition européenne de développer une infrastructure majeure pour le transport d’hydrogène décarboné d’ici 2032.

Hydrogène : BarMar passe à l’ingénierie détaillée

Le projet BarMar, maillon stratégique du corridor H2med, arrive à un tournant. Après la réussite des études de pré-ingénierie (pre-FEED), la future canalisation sous-marine d’hydrogène reliant Barcelone à Marseille entre dans sa phase d’ingénierie détaillée (FEED). Cette avancée confirme l’ambition européenne de développer une infrastructure majeure pour le transport d’hydrogène décarboné d’ici 2032.

BarMar valide sa faisabilité technique

Les études de pré-ingénierie ont confirmé la faisabilité technique du projet. Elles ont également permis de définir les premières bases de conception de la canalisation et de la station de compression.

En parallèle, un corridor de passage a été identifié. Ce tracé s’appuie sur les premiers résultats des études environnementales, qui se poursuivent actuellement afin de finaliser l’évaluation des impacts du projet.

Une phase FEED décisive pour H2med

Le lancement de la phase Front-End Engineering Design (FEED) constitue une étape essentielle. En effet, elle permet de passer d’une conception préliminaire à une définition technique complète de l’ouvrage.

Cette phase intégrera les résultats des études techniques et environnementales. De plus, elle prendra en compte les observations recueillies lors de la concertation publique menée en France et en Espagne, clôturée en juillet 2026. En France, un rapport des garants de la concertation est attendu à la mi-août et viendra enrichir les travaux des équipes projet.

Les principaux objectifs de l’ingénierie détaillée

La phase FEED doit permettre de préparer concrètement la réalisation de l’infrastructure. Les travaux porteront notamment sur :

  • la validation définitive du tracé de la canalisation ;
  • la conception finale de la station de compression ;
  • la préparation des dossiers d’autorisation réglementaire ;
  • la définition des spécifications techniques pour la construction et l’approvisionnement en matériaux.

À l’issue de cette étape, le consortium pourra lancer les contrats d’ingénierie détaillée sous-marine. Les études serviront également de base à la Décision Finale d’Investissement (FID), préalable indispensable au démarrage des travaux.

Plus de 28 millions d’euros de soutien européen

Le projet BarMar bénéficie d’un important soutien financier de l’Union européenne. Dans le cadre du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE), plus de 28 millions d’euros ont été attribués en janvier 2025.

Ces financements permettront notamment de réaliser :

  • les campagnes d’études sous-marines ;
  • les études environnementales ;
  • les évaluations d’impact ;
  • les démarches administratives nécessaires à l’obtention des autorisations.

Ces investissements viennent compléter les financements apportés par les partenaires du consortium.

Une mise en service visée en 2032

Pour Francisco de la Flor, PDG de BarMar, cette nouvelle phase marque un tournant majeur. Le projet quitte désormais le stade des études de faisabilité pour entrer dans une modélisation industrielle concrète.

Classé Projet d’Intérêt Commun (PIC) par la Commission européenne et reconnu comme une infrastructure stratégique, le corridor H2med ambitionne une mise en service commerciale en 2032, sous réserve de l’obtention de l’ensemble des autorisations réglementaires.

Une coopération européenne renforcée

Le développement de H2med bénéficie également d’un fort soutien politique. Le 6 juillet, une réunion ministérielle organisée à Paris a réuni les ministres de l’Énergie de la France, de l’Espagne et du Portugal, ainsi que le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, les régulateurs et les gestionnaires de réseaux.

Pour la première fois, l’Allemagne a participé à cette rencontre régionale. Cette mobilisation confirme la volonté des États européens d’accélérer le développement des interconnexions énergétiques et de faire du corridor H2med un pilier de la transition énergétique européenne.

Un projet stratégique pour l’hydrogène européen

Avec l’entrée de BarMar dans sa phase FEED, le corridor H2med franchit une étape déterminante. Désormais, le projet se rapproche de sa phase de construction et confirme son rôle stratégique dans le développement d’un réseau européen de transport d’hydrogène bas carbone. À terme, cette infrastructure doit contribuer à renforcer la sécurité énergétique de l’Union européenne tout en accélérant la décarbonation de l’industrie et des transports.