La Guyane renforce ses infrastructures numériques. Le projet Lum@link prévoit une nouvelle liaison sous-marine directe entre Cayenne et l’Europe. Long de 2 175 km, le câble doit améliorer la résilience des connexions et renforcer la sécurité des échanges de données.
Un câble sous-marin de 2 175 km
Porté par la Collectivité territoriale de Guyane (CTG), le projet Lum@link est piloté par la Société publique locale d’aménagement numérique de la Guyane (SPLANG).
Le câble partira de Cayenne. Il rejoindra ensuite, en haute mer, une unité de branchement connectée au câble transatlantique existant entre Fortaleza, au Brésil, et Sines, au Portugal. Cette infrastructure, mise en service en 2021, permettra à Lum@link de rejoindre directement les réseaux européens.
Les travaux ont débuté en 2024. Après l’atterrage du câble à Cayenne, le projet entre dans sa phase finale avec la pose et la mise en service de la liaison. Toute l’Europe indique une mise en service prévue d’ici la fin de l’année 2026.
Renforcer la résilience des réseaux numériques
La Guyane dépend actuellement de plusieurs infrastructures pour ses communications internationales. Cette configuration expose le territoire aux conséquences d’une interruption de liaison.
Lum@link doit donc apporter une nouvelle route numérique. Le câble sera notamment interconnecté avec les liaisons Kanawa et Deep Blue One. Cette complémentarité doit renforcer la diversité des connexions entre la Guyane, les Antilles et les autres territoires du plateau des Guyanes.
L’enjeu dépasse ainsi la seule amélioration du débit. Le projet vise aussi à renforcer la continuité de service et la sécurité des échanges.
L’Agence française de développement souligne de son côté que le nouveau câble doit notamment anticiper la fin de vie du câble Americas II, sécuriser les transmissions de données et augmenter les capacités de traitement des données internationales.
Une liaison directe vers l’Europe
Lum@link doit également modifier la route empruntée par les données entre la Guyane et l’Europe.
Le nouveau câble établira une liaison directe sans passage par un pays tiers. Cette architecture répond à un enjeu de souveraineté numérique identifié de longue date par les acteurs guyanais.
Le Centre national d’études spatiales (CNES) et le Centre spatial guyanais participent à cette réflexion depuis 2014. Ils avaient notamment identifié les limites des infrastructures existantes et l’absence de redondance directe vers l’Europe.
Cette nouvelle liaison doit aussi sécuriser les échanges liés aux activités du Centre spatial guyanais de Kourou.
Une infrastructure ouverte aux opérateurs
La SPLANG doit exploiter et commercialiser la capacité du câble auprès des opérateurs télécoms. Le dispositif repose donc sur un modèle d’opérateur d’opérateurs.
Selon Toute l’Europe, Lum@link offrira une disponibilité neutre et équitable aux différents opérateurs numériques. L’objectif est notamment de favoriser la concurrence sur le marché local et, à terme, de contribuer à réduire les coûts de connectivité pour les utilisateurs guyanais.
Le projet pourra ainsi bénéficier aux collectivités et aux entreprises, mais aussi aux services publics et aux habitants.
Un projet soutenu par l’Europe
Lum@link dispose également d’un financement européen. Selon Toute l’Europe, le coût total de l’opération atteint 75,8 millions d’euros. L’Union européenne apporte plus de la moitié de ce financement, via le Fonds européen de développement régional (Feder) et le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE).
L’AFD participe également au financement du projet. Elle a accordé un prêt de 20 millions d’euros à la SPLANG.
Au-delà de l’infrastructure elle-même, Lum@link illustre ainsi le rôle des réseaux numériques dans l’aménagement des territoires ultramarins.
Pour la Guyane, cette nouvelle liaison permettra à la fois de renforcer la résilience des communications, diversifier les routes numériques et consolider les échanges avec l’Europe.
À lire également : l’article original sur Toute l’Europe
