Eau potable : le SMEA de la Basse Limagne planifie ses renouvellements avec la donnée

Par Armand Rosam |

Le Syndicat Mixte de l’Eau et de l’Assainissement (SMEA) de la Basse Limagne dessert 97 000 habitants avec 1 200 km de réseau d’eau potable. Pour mieux cibler ses investissements, il s’appuie sur les données patrimoniales et les outils d’intelligence artificielle de Leakmited.

Eau potable : le SMEA de la Basse Limagne planifie ses renouvellements avec la donnée

Le Syndicat Mixte de l’Eau et de l’Assainissement (SMEA) de la Basse Limagne dessert 97 000 habitants avec 1 200 km de réseau d’eau potable. Pour mieux cibler ses investissements, il s’appuie sur les données patrimoniales et les outils d’intelligence artificielle de Leakmited.

1 200 km de réseau à renouveler

Comment déterminer les canalisations à renouveler en priorité sur 1 200 km de réseau ? Pour le Syndicat Mixte de l’Eau et de l’Assainissement (SMEA) de la Basse Limagne, la réponse passe par une meilleure exploitation des données.

Le syndicat dessert 97 000 habitants dans le Puy-de-Dôme. Il regroupe 44 communes et gère un patrimoine estimé à environ 360 millions d’euros.

Le SMEA s’est fixé un objectif de renouvellement de 1,15 % par an pour les canalisations. Pour les branchements, le taux atteint 2,30 %.

Cependant, augmenter les investissements ne suffit pas. Il faut aussi les orienter vers les ouvrages prioritaires. « Renouveler un linéaire qui ne fuit pas mobilise le budget annuel sans faire progresser le rendement du réseau », explique Nicolas Mialon, directeur technique du SMEA de la Basse Limagne.

Croiser les données du réseau

Pour objectiver ses choix, le syndicat utilise les solutions Twin Patrimonial et Twin Exploitation de Leakmited.

Twin Patrimonial croise plusieurs sources de données. L’outil prend notamment en compte l’âge des conduites, les matériaux, l’historique des casses et certaines données issues des analyses d’eau.

Le SMEA peut ainsi établir une hiérarchie des conduites à étudier. Cette méthode sert notamment à préparer son programme pluriannuel d’investissement (PPI) 2027-2029.

Le syndicat distingue également plusieurs problématiques. Il peut, par exemple, identifier les opérations liées à la vétusté des ouvrages et celles liées à la présence de CVM.

Cette approche apporte aussi un support au dialogue avec les communes.

Des travaux coordonnés avec la voirie

Chaque année, autour du mois de mai, le SMEA interroge les 44 communes sur leurs futurs projets de voirie et d’assainissement.

L’objectif est simple : identifier les réseaux d’eau potable concernés suffisamment tôt. Lorsque cela est pertinent, les travaux peuvent alors être programmés simultanément.

En 2026, deux ou trois opérations prioritaires pour le réseau d’eau potable ont ainsi pu être proposées à chaque commune. Ces propositions s’appuyaient sur les classements établis avec Twin Patrimonial.

Cette coordination permet d’éviter de rouvrir ultérieurement une chaussée déjà rénovée. Elle peut donc réduire le coût global des interventions.

La donnée devient ainsi un outil d’arbitrage. Elle permet de croiser l’état du patrimoine, le risque de défaillance, les projets des communes et les capacités financières du syndicat.

Une vision patrimoniale et opérationnelle

Le SMEA déploie également Twin Exploitation.

L’outil permet de reproduire les secteurs hydrauliques du syndicat dans l’environnement Leakmited. Il centralise aussi les informations de supervision issues des débitmètres.

L’objectif est de mieux comprendre le fonctionnement quotidien du réseau. Les équipes peuvent ainsi identifier les secteurs qui nécessitent une surveillance ou une analyse particulière.

Cette approche complète la vision patrimoniale de long terme.

Le SMEA combine donc deux niveaux d’analyse. D’un côté, l’exploitation permet de suivre le fonctionnement du réseau. De l’autre, l’analyse patrimoniale aide à préparer les investissements futurs.

Anticiper le vieillissement du réseau

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de vieillissement des réseaux d’eau potable.

Avec un taux de renouvellement de 1,15 % par an, le SMEA affiche un rythme supérieur à la moyenne nationale, estimée à environ 0,6 %.

Pour Nicolas Mialon, maintenir un niveau d’investissement suffisant dans la durée est essentiel. L’objectif consiste notamment à éviter de reporter le coût du vieillissement des infrastructures sur les générations futures.

Le syndicat ne prévoit d’ailleurs pas seulement de renouveler son patrimoine à l’identique.

Il travaille aussi à sa rationalisation. Cela passe notamment par la suppression de certaines conduites redondantes lorsque cela est possible. Le regroupement de réservoirs communaux fait également partie des pistes étudiées.

Le SMEA cherche ainsi à adapter ses équipements à la durée de vie des ouvrages auxquels ils sont associés.

La démarche repose finalement sur un principe : mieux connaître le réseau aujourd’hui pour mieux programmer les travaux de demain.

Chiffres clés

  • 44 communes desservies
  • 97 000 habitants
  • 1 200 km de réseau d’eau potable
  • 360 M€ de patrimoine estimé
  • 1,15 % de canalisations renouvelées chaque année
  • 2,30 % de branchements renouvelés chaque année
  • PPI 2027-2029 en préparation