L’Australie transforme son réseau électrique à une vitesse record. De plus, le pays abandonne progressivement le charbon au profit des énergies renouvelables. Cependant, cette fermeture accélérée des centrales thermiques crée un défi majeur. Selon le cabinet GlobalData, le pays doit rapidement remplacer ses capacités de production pilotables.
Un objectif ambitieux d’ici 2030
L’État australien vise un objectif strict : atteindre 82 % d’électricité renouvelable d’ici 2030. En effet, les centrales historiques fermeront très bientôt leurs portes. Par exemple, la centrale d’Eraring s’arrêtera d’ici 2027. De même, le site de Yallourn tirera sa révérence en 2028.
Par conséquent, l’équilibre du réseau national est sous tension. Pour garantir la sécurité d’approvisionnement, le gouvernement doit agir vite. Ainsi, les autorités déploient de nouveaux mécanismes de soutien pour rassurer les investisseurs.
Une forte croissance des énergies propres d’ici 2035
D’après le rapport de GlobalData, le marché électrique australien va fortement progresser :
- Croissance annuelle (CAGR) : la capacité installée va croître de 6,2 % par an entre 2025 et 2035.
- Part des renouvelables : elle atteindra près de 79 % du parc total d’ici 2035 (contre 51 % aujourd’hui).
- Production verte : la part de l’électricité propre dépassera 72 % d’ici 2035.
Afin de soutenir cette transition, le dispositif Capacity Investment Scheme garantit le financement de 32 GW de capacités renouvelables et de stockage. Ce mécanisme apporte une visibilité financière essentielle aux développeurs BTP et aux investisseurs.
Stockage et infrastructures
Construire des panneaux solaires ou des éoliennes ne suffit plus. Désormais, le pays doit stabiliser son réseau électrique. Pour cela, le secteur de la construction joue un rôle primordial.
En pratique, l’Australie doit déployer plusieurs solutions complémentaires :
- Des batteries à grande échelle et des centrales de pompage-turbinage (STEP).
- Des centrales à gaz flexibles pour pallier l’absence de vent ou de soleil.
- Le développement des Zones d’Énergie Renouvelable (REZ).
De plus, l’extension du réseau de transport est indispensable. Les grands projets d’infrastructures électriques comme HumeLink, VNI West, Project EnergyConnect ou Marinus Link sont vitaux. Sans ces chantiers, l’électricité verte produite risque d’être gâchée.
Plus de 60 milliards de dollars d’investissements
Entre 2026 et 2030, les investissements dans le secteur énergétique dépasseront 60 milliards de dollars. L’énergie solaire photovoltaïque captera la majorité des dépenses, suivie par l’éolien terrestre et en mer.
Toutefois, la réussite de ces projets dépendra de plusieurs facteurs clés : l’obtention des autorisations, les conditions de financement et la rapidité d’exécution sur les chantiers. Le BTP australien fait donc face à une décennie décisive.
