CCUS : le secteur de l’énergie concentre les investissements

Par Armand Rosam |

La capture, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS) se développent dans plusieurs secteurs industriels. Toutefois, l’énergie concentre encore une grande partie des investissements. Selon GlobalData, les capacités en projet se déplacent progressivement vers les secteurs les plus difficiles à décarboner.

CCUS : le secteur de l’énergie concentre les investissements

La capture, l’utilisation et le stockage du carbone (CCUS) se développent dans plusieurs secteurs industriels. Toutefois, l’énergie concentre encore une grande partie des investissements. Selon GlobalData, les capacités en projet se déplacent progressivement vers les secteurs les plus difficiles à décarboner.

Le traitement du gaz reste dominant

Les capacités de CCUS actuellement en service sont principalement concentrées dans le traitement du gaz naturel. La raison est technique. Les flux de CO₂ y sont relativement concentrés. La capture peut donc être plus facilement mise en œuvre.

Dans l’industrie pétrolière et gazière, le CCUS permet notamment de séparer le CO₂ du gaz naturel dans les usines de traitement. La technologie est également utilisée dans les terminaux de liquéfaction du gaz naturel.

Selon Ravindra Puranik, analyste Oil & Gas chez GlobalData, les installations de traitement du gaz de Terrell et Val Verde, aux États-Unis, figurent parmi les premières à avoir déployé cette technologie à l’échelle commerciale.

73 Mt de capacité attendue dans l’électricité

Le paysage devrait toutefois évoluer. La production d’électricité pourrait devenir le premier secteur pour les nouvelles capacités de CCUS.

GlobalData recense ainsi 73 millions de tonnes par an (Mt/an) de capacités en projet dans le secteur électrique. Leur mise en service est attendue d’ici à 2030.

Cette évolution s’explique notamment par la hausse de la demande électrique. Elle répond aussi au maintien de moyens de production thermiques pilotables. Le CCUS pourrait ainsi contribuer à réduire leurs émissions tout en prolongeant leur durée d’exploitation.

Par ailleurs, la technologie intéresse fortement la production d’hydrogène. Elle peut notamment réduire les émissions associées aux procédés industriels dans les raffineries, la pétrochimie et la fabrication d’engrais.

Du stockage géologique à la valorisation du CO₂

Aujourd’hui, une partie importante du CO₂ capté est utilisée pour la récupération assistée du pétrole (EOR). Cependant, le potentiel à long terme du CCUS repose aussi sur le stockage permanent.

Le principe consiste à injecter le CO₂ dans des formations géologiques profondes. Plusieurs acteurs développent déjà des projets dans ce domaine. C’est notamment le cas d’Occidental Petroleum, ExxonMobil, Equinor et Eni.

Le CO₂ capté peut également être valorisé. Les applications envisagées comprennent la production de carburants de synthèse, la carbonatation des boissons ou encore la fabrication et la cure du béton. L’agriculture sous environnement contrôlé constitue une autre piste.

Le CCUS s’étend aux secteurs difficiles à décarboner

Selon GlobalData, la prochaine phase de développement du CCUS devrait donc reposer sur deux dynamiques. À court terme, la technologie doit contribuer à réduire les émissions des grands sites industriels. À plus long terme, elle pourrait répondre à la demande en solutions de captage et de retrait du carbone.

Le périmètre des projets s’élargit ainsi au-delà du traitement du gaz naturel. La production d’électricité, l’hydrogène, le raffinage, le ciment, la bioénergie et la capture directe dans l’air (DAC) figurent désormais parmi les secteurs concernés.

Toutefois, le déploiement reste soumis à plusieurs conditions. Les politiques publiques, l’accès aux capacités de stockage et la viabilité économique des projets seront déterminants pour leur réalisation.