Prix de l’électricité : trois signaux de tension pour l’hiver 2026-2027

Par Armand Rosam |

À l’approche de l’hiver 2026-2027, plusieurs indicateurs européens signalent un risque de tension sur les marchés de l’électricité. Selon Storio Energy, trois facteurs se conjuguent : le prix élevé du gaz, des stocks de gaz inférieurs à l’objectif européen et des réserves hydrauliques particulièrement faibles. Cette situation pourrait renforcer la volatilité des prix de l’électricité.

Prix de l’électricité : trois signaux de tension pour l’hiver 2026-2027

À l’approche de l’hiver 2026-2027, plusieurs indicateurs européens signalent un risque de tension sur les marchés de l’électricité. Selon Storio Energy, trois facteurs se conjuguent : le prix élevé du gaz, des stocks de gaz inférieurs à l’objectif européen et des réserves hydrauliques particulièrement faibles. Cette situation pourrait renforcer la volatilité des prix de l’électricité.

Le prix du gaz sous surveillance

Le premier signal vient du marché du gaz. Le TTF (Title Transfer Facility), référence européenne pour le gaz naturel, évolue actuellement à des niveaux élevés.

Selon Storio Energy, il atteint 77 €/MWh, soit une hausse de 140 % sur un an. Le niveau reste toutefois inférieur aux sommets observés en 2022. Début septembre, le TTF pour livraison le mois suivant a dépassé 79 €/MWh, son niveau le plus élevé depuis le début de 2023.

Cette évolution pèse directement sur le marché de l’électricité. En effet, les centrales à gaz peuvent fixer le prix de l’électricité lorsque leur production se situe à la marge du mix électrique. C’est notamment le cas lors des périodes de forte demande.

Ainsi, une hausse du gaz peut rapidement se transmettre aux prix de l’électricité. Les épisodes de froid constituent donc un facteur de risque supplémentaire.

Des stocks de gaz encore sous tension

Le deuxième signal concerne les réserves de gaz européennes.

Selon Storio Energy, l’Europe devrait atteindre environ 74 % de remplissage au 1er novembre. Ce niveau resterait inférieur à l’objectif européen de 80 %.

Les stocks devraient néanmoins permettre de couvrir les besoins de l’hiver. Le niveau des réserves laisse toutefois moins de marge en cas de forte hausse de la demande.

Dans ce contexte, une vague de froid pourrait accentuer la pression sur les marchés. L’Europe devrait alors renforcer ses achats de gaz naturel liquéfié (GNL). Elle pourrait entrer davantage en concurrence avec les marchés asiatiques.

Les tensions géopolitiques ajoutent également une incertitude. En septembre, le prix du gaz européen a notamment progressé sur fond de perturbations des approvisionnements en GNL.

Des réserves hydrauliques au plus bas

Le troisième signal concerne l’hydroélectricité.

Selon Storio Energy, la sécheresse de 2026 a fortement réduit les réserves hydrauliques dans les Alpes et les pays nordiques. Leur niveau atteindrait ainsi un point bas inédit depuis une dizaine d’années.

Or, l’hydroélectricité joue un rôle majeur dans le système électrique européen. Elle représente notamment 95 % de la production d’électricité en Norvège, environ 60 % en Suisse, 55 à 60 % en Autriche et près de 40 % en Suède.

En France, l’hydraulique constitue également une composante importante de la production renouvelable.

Cette situation illustre la sensibilité du système électrique aux conditions climatiques. Une faible disponibilité de l’hydraulique peut réduire les capacités de production mobilisables et renforcer la pression sur les autres moyens de production.

Les prix à terme intègrent déjà une partie du risque

Les marchés à terme traduisent également cette incertitude.

Selon Storio Energy, le contrat d’électricité « baseload » pour 2027 s’échange à 84 €/MWh. Il se situait autour de 50 €/MWh au début de l’année. Cette évolution représente une hausse de 68 %.

Le « baseload » correspond à une fourniture continue d’électricité. Son évolution donne donc une indication sur les anticipations des marchés pour les mois et années à venir.

La volatilité reste toutefois le principal enjeu. Les prix peuvent évoluer rapidement en fonction des températures, des disponibilités de production ou encore de la situation géopolitique.

Le stockage par batterie pour réduire l’exposition aux pointes

Dans ce contexte, les industriels électro-intensifs cherchent à mieux maîtriser leur exposition aux variations des prix de l’électricité.

Le stockage par batterie constitue l’une des solutions proposées sur ce marché. Storio Energy développe notamment des solutions de stockage destinées aux entreprises.

Le principe consiste à charger les batteries lorsque l’électricité est moins chère. L’entreprise peut ensuite utiliser cette énergie lors des périodes où les prix augmentent.

Ce fonctionnement permet de déplacer une partie de la consommation hors des heures de pointe. Il peut ainsi compléter les contrats d’approvisionnement en électricité, notamment les achats de baseload.

Selon Storio Energy, certaines heures affichent aujourd’hui des prix proches de 0 €/MWh. Les batteries peuvent donc valoriser ces écarts de prix en stockant l’électricité disponible à bas coût pour la restituer lors des périodes plus tendues.

Un enjeu qui dépasse l’hiver 2026-2027

Les tensions attendues sur les marchés de l’énergie ne concernent pas uniquement l’hiver prochain. Elles posent plus largement la question de l’exposition des industriels à la volatilité du prix de l’électricité.

Gaz, disponibilité hydraulique, météo et situation géopolitique peuvent modifier rapidement l’équilibre entre l’offre et la demande.

Dans ce contexte, le stockage par batterie apparaît comme un outil supplémentaire pour piloter les consommations et limiter l’exposition aux pics de prix. Pour les industriels, l’enjeu consiste désormais à combiner approvisionnement, flexibilité et stockage afin de mieux maîtriser leurs coûts énergétiques.