Les acteurs du gaz renouvelable expriment une vive inquiétude. En effet, l’AAMF, France gaz renouvelables, le SER et France Gaz contestent les dernières annonces gouvernementales sur le biométhane. Présentées lors du Groupe national d’échanges sur le biogaz, ces propositions compromettent directement les objectifs de la PPE3 pour 2030. Selon la filière, les nouvelles mesures sacrifient les projets agricoles au nom d’arbitrages budgétaires précipités.
Certificats de production de biogaz (CPB) : une avancée encore insuffisante
En premier lieu, la filière salue les efforts du gouvernement sur les Certificats de Production de Biogaz (CPB). Les autorités prévoient notamment une stabilisation de la trajectoire à partir de 2032. De plus, elles ouvrent enfin le dispositif aux nouvelles technologies de production.
Cependant, ces signaux positifs ne suffisent pas à rassurer les professionnels. Pour sécuriser pleinement les investissements dans les réseaux de gaz, la filière exige des ajustements précis :
- Une régularité stricte des volumes de gaz injectés dans le temps.
- Une indexation claire des pénalités financières.
- Une mise en œuvre opérationnelle au plus tard en septembre.
Fin du tarif d’achat : un coup d’arrêt pour la méthanisation agricole
Le véritable point de discorde concerne la modification profonde des mécanismes de soutien. En effet, le gouvernement souhaite réduire brutalement le tarif d’achat réglementé. Or, ce dispositif historique demeure indispensable pour la viabilité des projets locaux.
Concrètement, les évolutions annoncées prévoient une baisse des volumes éligibles et une révision des paramètres économiques. Par conséquent, ces coupes budgétaires toucheront en priorité les installations de taille moyenne (entre 10 et 20 GWh/an).
Par ailleurs, l’exécutif veut introduire précipitamment un mécanisme d’appels d’offres. Cette logique purement comptable ignore la valeur globale de la méthanisation pour les territoires :
- La réduction massive des gaz à effet de serre.
- Le renforcement de la souveraineté alimentaire.
- La baisse de la dépendance aux engrais importés.
- Le dynamisme économique des zones rurales.
L’impact sur les réseaux : Réduire immédiatement les tarifs d’achat va bloquer les projets de raccordement de nouvelles installations, alors même que les gestionnaires de réseaux adaptent les infrastructures territoriales.
Des ambitions en recul pour la souveraineté énergétique
Au-delà des outils financiers, les professionnels regrettent un recul global des ambitions de l’État. D’une part, la trajectoire pour la mobilité verte manque cruellement de souffle. D’autre part, le gouvernement ne propose aucun dispositif solide pour décarboner l’industrie lourde via le biométhane.
De fait, miser uniquement sur l’essor de contrats privés sans accompagnement public relève de l’illusion. Aujourd’hui, ces contrats sont quasi inexistants sur le marché français.
Finalement, cette décision unilatérale crée une forte incertitude pour les financeurs. C’est pourquoi la filière demande officiellement au Gouvernement de suspendre cette révision. Les professionnels réclament l’ouverture immédiate d’une concertation pour protéger les investissements déjà engagés dans les régions.
