Crédit Agricole Pyrénées Gascogne et Arverne lancent un premier projet de géothermie de surface à Serres-Castet. Ce chantier, inédit dans les Pyrénées-Atlantiques, marque une nouvelle étape pour la transition énergétique des bâtiments tertiaires.
Un chantier pionnier à Serres-Castet
Le chantier de géothermie de surface a été officiellement inauguré le 30 juin sur le siège du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne à Serres-Castet.
Paul Carité, directeur général du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, et Pierre Brossollet, président-directeur général d’Arverne, ont présenté ce projet innovant en présence de nombreux élus et représentants institutionnels.
Cette installation constitue la première réalisation issue du partenariat entre les deux groupes. Elle ouvre la voie à un nouveau modèle de production de chaleur et de froid pour les bâtiments tertiaires.
Une première concrétisation du partenariat
Le projet de Serres-Castet est la première réalisation de la coentreprise créée en septembre 2025 entre Arverne et Crédit Agricole Pyrénées Gascogne Énergies Nouvelles (CAPGEN).
L’objectif est d’accélérer le développement de la géothermie de surface partout en France.
Cette offre s’adresse aux entreprises, aux professionnels et aux collectivités qui souhaitent réduire leurs émissions de CO₂ tout en maîtrisant leurs coûts énergétiques.
Un modèle sans investissement initial
La coentreprise propose un modèle de tiers-investissement.
Le client ne finance pas les travaux. La société commune prend en charge la conception, le financement, l’installation, l’exploitation et la maintenance de l’équipement.
En contrepartie, le client règle un abonnement annuel fixe sur une durée comprise entre 10 et 25 ans.
Ce modèle permet de lever le principal frein au développement de la géothermie : le coût d’investissement.
La géothermie de surface, une énergie locale
La géothermie de surface exploite la chaleur naturellement présente dans les premières couches du sous-sol, jusqu’à 200 mètres de profondeur.
Grâce à des sondes verticales et à des pompes à chaleur, une seule installation assure le chauffage et le rafraîchissement du bâtiment.
Cette technologie fonctionne sans combustion et sans émission directe de CO₂.
Ses principaux avantages sont nombreux :
- plus de 80 % de réduction des émissions de CO₂ par rapport au gaz naturel ;
- une énergie disponible toute l’année ;
- une ressource locale et souveraine ;
- des coûts d’exploitation stables ;
- une installation discrète une fois les travaux terminés.
Un démonstrateur pour les collectivités
Le site de Serres-Castet servira de démonstrateur.
Jusqu’à présent chauffé au gaz puis au bois et climatisé par un système électrique classique, le bâtiment sera désormais alimenté par une installation géothermique capable de produire à la fois du chaud et du froid.
Le projet comprend :
- 25 sondes géothermiques de 150 mètres de profondeur ;
- deux pompes à chaleur réversibles eau/eau d’une puissance totale d’environ 450 kW ;
- le remplacement complet des anciennes chaudières et des groupes froids.
Les performances attendues sont significatives :
- 62 % de réduction des consommations liées au chauffage, à la ventilation et à la climatisation ;
- 319,5 MWh économisés chaque année ;
- 17 000 euros d’économies sur les dépenses énergétiques ;
- 35,6 tonnes de CO₂ évitées.
Les forages ont débuté fin juin 2026. La mise en service est prévue en octobre 2026.
Une chaudière biomasse donnée à une crèche
L’installation de la géothermie permet également au Crédit Agricole Pyrénées Gascogne de donner sa chaudière biomasse à une crèche de l’agglomération Pau Béarn Pyrénées.
Cette réutilisation illustre la volonté des partenaires de prolonger la durée de vie des équipements tout en accompagnant la transition énergétique du territoire.
Deux expertises réunies
Arverne apporte son savoir-faire dans les géosciences, l’ingénierie et le forage géothermique.
De son côté, CAPGEN met à disposition son expérience du financement des énergies renouvelables. Depuis 2009, la filiale développe des projets photovoltaïques, hydroélectriques, de méthanisation et désormais de géothermie.
En associant leurs compétences, les deux partenaires souhaitent faciliter l’accès à la géothermie de surface pour les acteurs économiques et les collectivités.
Le chantier de Serres-Castet constitue ainsi une vitrine d’un modèle reproductible, conciliant performance énergétique, décarbonation et maîtrise des coûts.
