L’Astee lance une plateforme dédiée à la biosurveillance aquatique

Par Armand Rosam |

L’évaluation de la qualité des milieux aquatiques progresse. En effet, l’Astee (Association scientifique et technique pour l’eau et les déchets) vient de mettre en ligne une interface entièrement consacrée à la biosurveillance. Cet outil s'adresse directement aux collectivités territoriales, aux industriels et aux techniciens de l'eau.

L’Astee lance une plateforme dédiée à la biosurveillance aquatique

L’évaluation de la qualité des milieux aquatiques progresse. En effet, l’Astee (Association scientifique et technique pour l’eau et les déchets) vient de mettre en ligne une interface entièrement consacrée à la biosurveillance. Cet outil s’adresse directement aux collectivités territoriales, aux industriels et aux techniciens de l’eau.

Pourquoi la biosurveillance s’impose-t-elle dans les réseaux ?

Tout d’abord, les activités humaines génèrent de nombreux rejets dans la nature. Les milieux aquatiques reçoivent ainsi des centaines de milliers de contaminants chimiques. Beaucoup de ces micropolluants perturbent gravement les écosystèmes.

Par ailleurs, les analyses chimiques classiques montrent parfois des limites face à la diversité des polluants. C’est ici que l’écotoxicologie intervient. Cette science étudie les effets des molécules toxiques sur les organismes vivants.

La biosurveillance utilise donc des métriques biologiques pour mesurer la qualité de l’eau. Concrètement, elle analyse les réactions de la faune et de la flore pour détecter les pollutions. Elle évalue l’impact direct d’un effluent ou encore l’efficacité d’un traitement de l’eau.

Une boîte à outils complexe pour les gestionnaires

Actuellement, les professionnels de l’eau manifestent un intérêt grandissant pour ces technologies. De plus, la réglementation pousse à l’adoption de ces nouvelles approches. Cependant, la discipline reste complexe à maîtriser en raison de la diversité des outils disponibles.

Les solutions se divisent en plusieurs catégories :

  • Les modes d’application : Les tests se font in vitro, in vivo ou directement in situ (sur le terrain).
  • Les types d’outils : Les experts utilisent des bioessais ou des biomarqueurs.
  • La temporalité : Les analyses mesurent une toxicité aiguë à court terme ou une toxicité chronique à long terme.

Par conséquent, les acteurs des réseaux ont besoin de repères clairs. Ils doivent identifier la solution adaptée à leur cas d’usage.

Les objectifs de la nouvelle interface de l’Astee

Pour répondre à ce besoin, l’Astee a structuré un groupe de travail dédié dès mars 2023. Ce projet bénéficie du soutien de l’Office français de la biodiversité (OFB) et de France Eau Biosurveillance. La plateforme poursuit deux objectifs majeurs :

  • Un annuaire des professionnels : Cet outil liste les structures capables de déployer ces solutions sur le terrain.
  • Un recueil de retours d’expérience : L’association compile les cas concrets pour publier des recommandations opérationnelles.

Enfin, cette plateforme collaborative permettra de démocratiser l’usage de la biosurveillance. Les gestionnaires pourront mieux évaluer la vulnérabilité de leurs masses d’eau, qu’il s’agisse d’eaux douces, souterraines, pluviales ou usées.