Les polluants éternels paniquent le monde de l’assurance. En effet, ces substances chimiques très persistantes saturent de nombreux produits industriels. Par conséquent, elles contaminent durablement les sols et les ressources en eau.
Selon une analyse de L’Argus de l’assurance, l’impact de cette crise rappelle désormais celui de l’amiante. Actuellement, les premiers litiges judiciaires explosent. De ce fait, les indemnisations financières vont s’étaler sur plusieurs décennies.
Un polluant indestructible
D’abord, les industriels utilisent les PFAS depuis les années 1950. On les retrouve notamment dans les mousses anti-incendie, les emballages ou les textiles techniques.
Cependant, ces composants possèdent une particularité physique majeure. Ils ne se dégradent presque jamais. Par conséquent, ils s’accumulent massivement dans la nature et s’infiltrent dans les réseaux d’eau potable. Face aux risques sanitaires avérés, les autorités renforcent donc la surveillance des captages.
Les compagnies d’assurance traquent le risque
Désormais, les procédures judiciaires se multiplient. Les tribunaux ciblent déjà plusieurs fabricants aux États-Unis, et l’Europe suit la même trajectoire.
Les assureurs redoutent cette transition juridique. En effet, la dépollution des infrastructures et les dommages sanitaires vont coûter des milliards d’euros. Pour faire face, les compagnies modifient radicalement leurs contrats :
- Elles introduisent des exclusions spécifiques pour les PFAS.
- Elles plafonnent strictement les montants des garanties.
- Elles exigent des audits environnementaux drastiques avant d’assurer une activité.
Toutefois, cette stratégie reste complexe. En France, les tribunaux annulent régulièrement les clauses d’exclusion trop vagues.
Quel impact pour les gestionnaires des réseaux d’eau ?
Cette crise bouscule directement les exploitants de l’eau et de l’assainissement.
Pour répondre aux normes européennes sévères, les collectivités doivent multiplier les campagnes de contrôles. Ainsi, cette situation oblige les services techniques à investir massivement dans la surveillance des nappes.
Par ailleurs, les besoins en technologies de pointe augmentent rapidement. Les exploitants recherchent activement :
- Des instruments de mesure ultra-précis pour détecter les molécules.
- Des solutions de traitement lourdes (comme le charbon actif ou les membranes).
Pour conclure, le dossier des PFAS ne fait que commencer. À mesure que la science progresse, les juges identifieront plus facilement les responsables. Pour les gestionnaires de réseaux, l’urgence consiste donc à anticiper une réglementation de l’eau de plus en plus stricte.
