Le 16e rapport national de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement dresse un état des lieux contrasté. Si la qualité des données progresse, les réseaux d’eau potable perdent encore un litre sur cinq. Dans le même temps, le prix de l’eau continue d’augmenter, sous l’effet des investissements à venir.
Les services publics d’eau potable et d’assainissement disposent désormais d’un panorama plus complet de leurs performances. L’Office français de la biodiversité (OFB) vient en effet de publier la 16e édition du rapport national de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement. Cette étude s’appuie sur les données 2024 renseignées dans Sispea par les collectivités compétentes.
Une couverture des données en forte hausse
Premier enseignement, la disponibilité des données progresse nettement. Cette évolution est liée à la réforme des redevances des agences de l’eau. Désormais, Sispea devient le portail unique de saisie de certaines données techniques. Cette évolution renforce la représentativité des résultats et améliore la couverture nationale.
Ainsi, les données couvrent désormais :
- 99 % de la population pour l’eau potable ;
- 96 % pour l’assainissement collectif ;
- 92 % pour l’assainissement non collectif.
Les auteurs invitent toutefois à interpréter les comparaisons avec prudence. En effet, l’échantillon des collectivités a fortement évolué et certaines données restent encore perfectibles durant cette période de transition.
Des fuites toujours importantes
Autre constat, le rendement des réseaux d’eau potable recule légèrement. En 2024, il atteint 79 %. Concrètement, près d’un litre d’eau sur cinq est perdu à cause des fuites. Ce niveau reste proche des années précédentes mais demeure préoccupant.
Par ailleurs, 19 % des services ne respectent toujours pas les exigences fixées par le décret relatif aux fuites des réseaux d’eau potable. Ce chiffre confirme que la lutte contre les pertes d’eau reste un enjeu majeur pour les collectivités.
Le prix de l’eau poursuit sa hausse
Sans surprise, la facture d’eau continue d’augmenter. Au 1er janvier 2025, le prix moyen de l’eau et de l’assainissement collectif atteint 4,89 €/m³. Cela représente une facture annuelle de 586,80 € pour un foyer consommant 120 m³ d’eau, soit près de 49 € par mois.
Cette hausse de 4,3 % dépasse largement l’inflation. Selon l’OFB, cette tendance devrait se poursuivre. Les nouvelles exigences réglementaires, le renouvellement des infrastructures et les investissements nécessaires sur les réseaux d’eau expliquent cette évolution.
Une meilleure connaissance du patrimoine
Le rapport souligne également les progrès réalisés dans la gestion patrimoniale. Les collectivités connaissent désormais mieux leurs réseaux d’eau potable que leurs réseaux d’assainissement. Toutefois, ces derniers rattrapent progressivement leur retard. Cette amélioration devient d’autant plus importante que la performance patrimoniale influence désormais le calcul des redevances des agences de l’eau.
Les transferts de compétences ralentissent
Enfin, la réorganisation des services d’eau potable et d’assainissement se poursuit, mais à un rythme moins soutenu. En 2024, la France compte 12 685 collectivités compétentes, contre 13 071 un an auparavant. Le nombre total de services continue également de diminuer.
En revanche, la loi adoptée en avril 2025, qui supprime l’obligation de transfert des compétences vers les intercommunalités, pourrait modifier cette dynamique. Les premiers effets se traduisent déjà par un ralentissement des regroupements. Malgré cela, le taux de gestion intercommunale atteint désormais 72,5 %.
