L’Arcep mesure enfin l’impact environnemental de la fibre optique

Par Armand Rosam |

L’Arcep poursuit sa stratégie pour un numérique plus durable. Dans la dernière édition de son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », le régulateur dévoile de nouveaux indicateurs environnementaux liés aux réseaux télécoms et à la fibre optique.

L’Arcep mesure enfin l’impact environnemental de la fibre optique

L’Arcep poursuit sa stratégie pour un numérique plus durable. Dans la dernière édition de son enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », le régulateur dévoile de nouveaux indicateurs environnementaux liés aux réseaux télécoms et à la fibre optique.

Cette étude marque une étape importante. En effet, l’Arcep évalue pour la première fois l’empreinte environnementale des fabricants de câbles en fibre optique. Le régulateur analyse également la consommation énergétique des réseaux fixes et mobiles en France.

La consommation énergétique des réseaux se stabilise

Après plusieurs années de hausse continue, la consommation énergétique des réseaux télécoms se stabilise en 2024 à 4,1 TWh.

Cette évolution s’explique notamment par la baisse de consommation des réseaux fixes. La fermeture progressive du réseau cuivre au profit de la fibre optique améliore l’efficacité énergétique des infrastructures. Ainsi, la consommation des boucles locales fixes recule de 16 % en 2024.

Dans le même temps, les réseaux mobiles continuent de consommer davantage d’énergie. L’augmentation des usages et l’extension des infrastructures mobiles entraînent une hausse de 4 % de leur consommation électrique.

La fibre optique affiche aussi un coût environnemental

L’Arcep attire également l’attention sur l’impact environnemental de la fabrication des câbles en fibre optique. Les industriels ont consommé 170 GWh d’énergie pour produire les câbles vendus en France en 2024. Ce volume représente près de 26 % de la consommation énergétique des réseaux fixes français.

La production de fibre nécessite aussi d’importantes ressources en eau. Selon l’Arcep, les fabricants ont utilisé environ 66 000 m³ d’eau pour produire les câbles commercialisés sur le marché français.

Autre enseignement majeur : les émissions carbone varient fortement selon la composition des câbles. Les câbles à très grand nombre de brins affichent une empreinte carbone nettement supérieure aux modèles standards.

Les infrastructures numériques sous surveillance

Avec cette enquête, l’Arcep souhaite renforcer la transparence environnementale du secteur numérique. Le régulateur collecte désormais des données auprès des opérateurs télécoms, des fabricants d’équipements, des data centers et des industriels de la fibre optique.

L’autorité prévoit déjà d’élargir son périmètre d’analyse aux fournisseurs de services cloud dès 2026. Cette évolution doit permettre de mieux mesurer l’impact global des infrastructures numériques sur les territoires.

Un nouvel enjeu

Le numérique représente désormais 4,4 % de l’empreinte carbone française, selon les dernières estimations ADEME-Arcep. Les réseaux télécoms comptent pour environ 4 % de cet impact global.

Dans ce contexte, les gestionnaires de réseaux et les acteurs des infrastructures doivent accélérer leurs efforts. L’optimisation énergétique des équipements, le déploiement de réseaux plus sobres et l’écoconception des infrastructures deviennent des leviers stratégiques pour accompagner la transition environnementale des territoires.