SNBC 3 : Coénove plaide pour un mix énergétique diversifié

Par Armand Rosam |

À l'heure où la consultation publique sur la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) s'achève, Coénove appelle le Gouvernement à revoir plusieurs orientations du projet. L'association estime que la réussite de la transition énergétique passe par une stratégie plus équilibrée, plus cohérente et davantage en phase avec les réalités du terrain.

SNBC 3 : Coénove plaide pour un mix énergétique diversifié

À l’heure où la consultation publique sur la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) s’achève, Coénove appelle le Gouvernement à revoir plusieurs orientations du projet. L’association estime que la réussite de la transition énergétique passe par une stratégie plus équilibrée, plus cohérente et davantage en phase avec les réalités du terrain.

Selon elle, la décarbonation ne peut reposer sur une seule technologie. Elle défend ainsi un mix énergétique diversifié, un développement plus ambitieux des gaz renouvelables et une planification mieux adaptée aux enjeux économiques et industriels.

Miser sur la complémentarité des énergies

Le projet de SNBC 3 prévoit une électrification importante des usages. Toutefois, Coénove considère que cette approche ne répond pas à l’ensemble des défis, notamment dans le secteur du bâtiment.

L’association rappelle que les besoins énergétiques augmentent. Les rénovations performantes ralentissent. Par ailleurs, les nouveaux usages électriques, notamment liés au numérique et à l’intelligence artificielle, renforcent la pression sur le système énergétique.

Dans ce contexte, Coénove estime qu’il est nécessaire de préserver un mix énergétique diversifié.

Elle met notamment en avant les chaudières à très haute performance énergétique (THPE) et les pompes à chaleur hybrides. Selon l’association, ces solutions permettent de réduire les émissions de CO₂ tout en limitant les pics de consommation électrique et en maîtrisant les coûts pour les ménages.

Les gaz renouvelables jugés sous-exploités

Coénove salue l’objectif fixé pour le biométhane à l’horizon 2030. En revanche, elle juge les ambitions prévues pour 2035 et 2050 insuffisantes.

L’association considère que les gaz renouvelables constituent un levier important pour renforcer la souveraineté énergétique, soutenir les territoires et accélérer la décarbonation.

Elle demande ainsi un relèvement des objectifs de production de gaz verts issus notamment des déchets agricoles et agroalimentaires.

Par ailleurs, Coénove souhaite que la stratégie nationale intègre davantage les nouvelles filières de gaz bas carbone, comme la pyrogazéification, la gazéification hydrothermale ou encore la méthanation.

Une stratégie à adapter aux réalités du terrain

L’association pointe également plusieurs incohérences entre la SNBC 3 et les récentes décisions publiques.

Elle cite notamment la réduction des aides à la rénovation énergétique, la baisse du coefficient Ep/Ef, la suppression de certains soutiens aux solutions hybrides ainsi que l’accélération de l’électrification des usages.

Selon Coénove, ces évolutions modifient les hypothèses initiales de la stratégie nationale.

L’association demande donc une actualisation des scénarios prospectifs. L’objectif est de mieux mesurer leurs effets sur les consommations d’énergie, les investissements, les infrastructures, la sécurité d’approvisionnement ainsi que le pouvoir d’achat des ménages.

Elle estime également que les perspectives concernant les consommations de gaz et le potentiel des gaz renouvelables sont aujourd’hui sous-évaluées.

Coénove appelle à une transition plus pragmatique

Pour Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove, la SNBC 3 doit rester un cadre stratégique capable de concilier décarbonation, souveraineté énergétique et acceptabilité économique.

L’association considère que la transition énergétique gagnerait à mobiliser l’ensemble des solutions disponibles plutôt qu’à privilégier une seule voie technologique.

À travers cette contribution, Coénove invite ainsi le Gouvernement à revoir certains objectifs afin de construire une stratégie conciliant réduction des émissions de gaz à effet de serre, compétitivité, sécurité énergétique et pouvoir d’achat.