La France dispose de 14 % d’eau renouvelable en moins qu’il y a 20 ans. Face au changement climatique, le CESE appelle donc à transformer durablement la gestion de l’eau. Son avis formule 23 préconisations pour mieux préserver la ressource et anticiper les tensions.
Une ressource sous pression
La sécheresse ne se limite plus aux épisodes estivaux. Les fortes chaleurs accentuent désormais les tensions sur les nappes phréatiques et les cours d’eau.
Dans ce contexte, les collectivités doivent adapter leur gestion de la ressource. Il ne s’agit plus seulement de répondre aux crises. Il faut aussi agir en amont et réduire durablement les pressions sur l’eau.
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) formule ainsi 23 préconisations dans son avis consacré à la gestion durable de l’eau. Pascal Guihéneuf et Serge Le Quéau ont rapporté cet avis.
L’objectif consiste à mieux concilier trois enjeux : la quantité d’eau disponible, sa qualité et le partage de la ressource.
Réduire les consommations d’eau
Première priorité : renforcer la sobriété. Le CESE souhaite accélérer la réduction des gaspillages et mieux encadrer les usages dans tous les secteurs.
Cette démarche concerne notamment les territoires et les réseaux d’eau. La réduction des consommations doit en effet s’accompagner d’une meilleure maîtrise de la ressource.
Les collectivités doivent donc poursuivre leurs efforts pour limiter les pertes et optimiser les usages. Elles doivent également anticiper davantage les périodes de tension.
Préserver la qualité de l’eau
Le CESE place aussi la qualité de l’eau au cœur de ses recommandations. Il préconise notamment de renforcer la protection des aires de captage.
Cette protection permet de limiter les risques de pollution à la source. Elle doit également accompagner la transition agroécologique.
Pour les collectivités, l’enjeu est majeur. Préserver les ressources disponibles permet de sécuriser l’approvisionnement en eau potable et de limiter les traitements nécessaires.
Renforcer le dialogue local
Enfin, le CESE insiste sur la concertation. Les tensions autour de l’eau peuvent en effet opposer plusieurs usages et plusieurs acteurs d’un même territoire.
Le Conseil préconise donc de renforcer le dialogue au plus près du terrain. Cette concertation doit permettre d’anticiper les conflits d’usage et de rechercher des solutions partagées.
Les collectivités occupent ici une place centrale. Elles doivent rapprocher les différents acteurs et intégrer les enjeux liés au changement climatique dans leurs politiques de gestion de l’eau.
Anticiper plutôt que subir
Avec la baisse de la ressource renouvelable et l’intensification des épisodes de sécheresse, la gestion de l’eau change de dimension.
La France doit désormais inscrire la sobriété, la protection de la ressource et la concertation dans une stratégie de long terme. Pour les collectivités comme pour les gestionnaires de réseaux, l’enjeu consiste donc à anticiper les tensions plutôt qu’à attendre les situations de crise.
La préservation de l’eau devient ainsi un enjeu collectif. Elle nécessite des investissements, mais aussi une évolution durable des usages et des modes de gestion.
