Colas, de la route à la maintenance des territoires

Par Armand Rosam |

Représentant 41 % du chiffre d'affaires du groupe Colas en 2025 et fort de 28 000 collaborateurs, Colas France et Outre-Mer adapte son modèle aux nouvelles attentes des territoires. Face au dérèglement climatique et à la maturité du marché routier, l'entreprise accélère le développement de quatre activités complémentaires : le paysage, le recyclage, la gestion des crises et les métiers de l'eau.

Colas, de la route à la maintenance des territoires

Représentant 41 % du chiffre d’affaires du groupe Colas en 2025 et fort de 28 000 collaborateurs, Colas France et Outre-Mer adapte son modèle aux nouvelles attentes des territoires. Face au dérèglement climatique et à la maturité du marché routier, l’entreprise accélère le développement de quatre activités complémentaires : le paysage, le recyclage, la gestion des crises et les métiers de l’eau.

Colas tourne une nouvelle page de son histoire. Le groupe ne compte plus uniquement sur les travaux routiers pour soutenir sa croissance. « Le marché français est aujourd’hui devenu un marché d’entretien et de maintenance », rappelle Thierry Méline, directeur général de Colas France et Outre-Mer.

Pour accompagner cette évolution, l’entreprise renforce plusieurs activités déjà présentes dans son portefeuille. Toutes répondent à des besoins croissants des collectivités : adaptation au changement climatique, préservation des ressources et entretien du patrimoine existant.

Cette stratégie s’appuie sur un atout majeur : un réseau de 300 agences réparties sur l’ensemble du territoire. « Cet ancrage constitue un bras de levier extraordinaire », souligne Thierry Méline. Selon lui, ces nouveaux métiers restent largement accessibles aux agences Colas traditionnelles.

Colas accélère dans l’aménagement paysager

L’entretien des infrastructures ne se limite plus à la chaussée. Les collectivités accordent désormais davantage d’importance aux espaces publics qui les entourent. « Les élus sont très attachés à l’esthétique et à l’usage de solutions décarbonées », observe Thierry Méline.

Colas s’intéresse donc de près au marché du paysage. Celui-ci représente près de 8 Md€. Selon le dirigeant, il regroupe 35 000 entreprises et a progressé de 32 % en quatre ans.

Le groupe mène une stratégie active de croissance externe. Il cible principalement des entreprises réalisant entre 1 et 30 M€ de chiffre d’affaires. Dernière acquisition en date : Brosseau Paysagiste, en région nantaise.

L’objectif est clair. Colas souhaite disposer d’une structure spécialisée dans chaque département d’ici deux ans, soit environ une entité pour trois agences. Les équipes locales monteront progressivement en compétence afin de répondre à de nouveaux marchés. À terme, le groupe vise 5 % de parts de marché.

Le recyclage des matériaux devient stratégique

Autre axe de développement : l’économie circulaire. Avec son réseau Valormat, Colas exploite aujourd’hui 240 plateformes labellisées en France. L’entreprise prévoit d’en compter 400 à l’horizon 2027.

L’objectif est de permettre à 80 % de la population française d’accéder à une plateforme située à moins de 30 minutes de transport.

Pour Thierry Méline, plusieurs facteurs soutiennent cette activité. Les ouvertures de carrières deviennent plus complexes. Les autorisations d’exploitation sont plus difficiles à obtenir. Dans le même temps, les sites d’extraction s’éloignent des bassins de consommation.

Le recyclage apporte donc une réponse économique et environnementale. Il permet également de mieux traverser la crise qui affecte actuellement le marché des matériaux naturels.

Colas Emergency répond aux risques climatiques

Le dérèglement climatique crée de nouveaux besoins. Inondations, mouvements de terrain et événements extrêmes perturbent de plus en plus fréquemment les infrastructures.

« J’ai choisi de faire de cette contrainte opérationnelle un levier de diversification », explique Thierry Méline.

Pour y répondre, Colas lance Colas Emergency. Le dispositif repose sur six agences spécialisées implantées en montagne et sur le littoral. Ces unités pourront intervenir en moins de quatre heures après un sinistre.

Chaque agence s’appuie sur une équipe de six experts formés à la géotechnique et à l’hydraulique. Leur mission consiste à sécuriser les ouvrages, rétablir les accès et stabiliser les infrastructures.

Dans un premier temps, l’activité se concentrera sur la gestion de crise. Ensuite, Colas souhaite développer des prestations de prévention et d’adaptation des infrastructures. En cas de pollution industrielle, les équipes pourront également s’appuyer sur l’expertise de Colas Environnement.

Les métiers de l’eau poursuivent leur croissance

Moins médiatisée que l’activité routière, la branche canalisations constitue pourtant un pilier important du groupe. Colas se positionne aujourd’hui comme le troisième canalisateur français.

En 2025, l’entreprise a réalisé 320 M€ de chiffre d’affaires dans les domaines de l’eau potable, de l’assainissement, des eaux pluviales et des microstations d’épuration.

Le groupe ajoute à ce montant environ 45 M€ liés à des opérations de VRD intégrant une composante hydraulique.

Portée par le réseau d’agences généralistes, cette activité dispose encore d’un fort potentiel. Thierry Méline estime qu’elle pourrait atteindre à terme 500 M€ de chiffre d’affaires.

Colas Rail poursuit son développement

Bien que distincte du périmètre de Colas France et Outre-Mer, Colas Rail reste l’une des réussites du groupe.

Présente à l’international, l’entreprise a franchi le cap des 1,5 Md€ de chiffre d’affaires. Elle intervient comme intégrateur et coordonne l’ensemble des métiers ferroviaires au sein d’offres clés en main.

« Colas Rail enregistre une forte progression de son activité et de ses résultats », conclut Thierry Méline.