SEDIF : Avis favorable pour le projet « Vers une eau pure »

Par Armand Rosam |

Le projet « Vers une eau pure », porté par le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF), se concrétise. Les commissions d’enquête publique ont rendu des avis favorables concernant les futures installations de filtration membranaire haute performance sur les sites de Méry-sur-Oise (Val-d’Oise) et de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).

SEDIF : Avis favorable pour le projet « Vers une eau pure »

Le projet « Vers une eau pure », porté par le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF), se concrétise. Les commissions d’enquête publique ont rendu des avis favorables concernant les futures installations de filtration membranaire haute performance sur les sites de Méry-sur-Oise (Val-d’Oise) et de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).

Cette décision ouvre la voie au déploiement progressif d’une technologie destinée à améliorer la qualité de l’eau distribuée à près de 4 millions d’habitants dans 133 communes franciliennes.

Une réponse aux nouveaux défis de la qualité de l’eau

Face à la multiplication des micropolluants dans les ressources en eau, les gestionnaires de réseaux doivent adapter leurs installations. Résidus médicamenteux, perturbateurs endocriniens ou encore PFAS figurent parmi les substances les plus surveillées par les autorités sanitaires.

Pour répondre à ces enjeux, le SEDIF prévoit de moderniser ses trois principales usines de production d’eau potable grâce à une combinaison de nanofiltration et d’osmose inverse basse pression. Cette technologie doit permettre de retenir une grande partie des contaminants émergents que les procédés conventionnels peinent à éliminer totalement.

Selon le syndicat, cette évolution constitue l’un des plus importants projets de modernisation du service public de l’eau en France.

Une eau moins calcaire et potentiellement sans chlore

Au-delà des enjeux sanitaires, le projet vise également à améliorer les caractéristiques de l’eau distribuée.

La réduction de la dureté de l’eau doit limiter l’entartrage des équipements domestiques, notamment les chauffe-eaux, lave-linge et lave-vaisselle. Le SEDIF estime que cette diminution du calcaire pourrait générer des économies d’énergie et réduire les coûts d’entretien pour les particuliers.

L’ambition affichée est également de distribuer, à terme, une eau ne nécessitant plus de chloration résiduelle sur certaines portions du réseau. Une évolution qui répond à une demande récurrente des usagers concernant le goût de l’eau du robinet et pourrait favoriser la réduction de la consommation d’eau en bouteille.

Des enjeux environnementaux encore surveillés

Comme tout projet industriel de grande ampleur, la future filière membranaire soulève plusieurs questions environnementales.

Les commissions d’enquête ont notamment attiré l’attention sur la gestion des membranes en fin de vie et sur le traitement des effluents générés par le procédé. Le SEDIF indique travailler sur différentes pistes de valorisation et de recyclage des membranes usagées, tout en poursuivant ses programmes de recherche sur le traitement des concentrats issus de la filtration.

Le syndicat rappelle par ailleurs consacrer une partie de ses recettes à la recherche et développement afin d’expérimenter de nouvelles solutions de traitement directement sur ses sites de production.

Une concertation appelée à se poursuivre

Les enquêtes publiques ont donné lieu à une participation jugée relativement limitée par les commissions, un constat notamment attribué à la technicité du dossier et à la qualité actuelle du service d’eau potable.

Le SEDIF entend néanmoins poursuivre les démarches de concertation. Des commissions locales d’information sur la production d’eau potable (CLIPEP) doivent être mises en place autour des sites concernés afin d’associer élus, riverains et usagers au suivi des projets.

À Choisy-le-Roi, un comité de suivi spécifique accompagnera également les travaux afin de répondre aux préoccupations locales liées au chantier.

Un calendrier qui s’accélère

Après les consultations de Méry-sur-Oise et de Choisy-le-Roi, l’enquête publique concernant l’usine de Neuilly-sur-Marne se poursuit jusqu’au 7 juillet 2026.

Sous réserve des autorisations préfectorales attendues dans les prochains mois, les premiers travaux doivent débuter dès l’été 2026 à Méry-sur-Oise, avant un lancement à Choisy-le-Roi à l’automne puis à Neuilly-sur-Marne début 2027.

À terme, ces trois sites constitueront l’ossature d’un dispositif de production d’eau potable reposant sur des technologies membranaires de nouvelle génération, avec l’ambition de répondre aux défis sanitaires, environnementaux et énergétiques des prochaines décennies.