Hydrogène : le projet BarMar entre en concertation

Par Armand Rosam |

Le projet BarMar, futur hydrogénoduc reliant Barcelone à Fos-sur-Mer, franchit une nouvelle étape avec l’ouverture d’une concertation publique du 6 mai au 12 juillet 2026, validée par la Commission nationale du débat public

Hydrogène : le projet BarMar entre en concertation

Le projet BarMar, futur hydrogénoduc reliant Barcelone à Fos-sur-Mer, franchit une nouvelle étape avec l’ouverture d’une concertation publique du 6 mai au 12 juillet 2026, validée par la Commission nationale du débat public .

Cette infrastructure énergétique majeure s’inscrit dans la montée en puissance des réseaux d’hydrogène en Europe, considérés comme un levier essentiel de la décarbonation industrielle.

Pensé comme un maillon clé du corridor européen H2med, BarMar vise à acheminer de l’hydrogène renouvelable produit dans la péninsule ibérique vers la France, puis vers l’Europe du Nord-Ouest. L’objectif est clair : structurer un véritable marché européen de l’hydrogène bas carbone, capable de soutenir la transition énergétique tout en renforçant la souveraineté énergétique du continent .

Une infrastructure de transport d’hydrogène de 400 km

Concrètement, le projet prévoit la construction d’une canalisation sous-marine d’environ 400 km entre Barcelone et la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Dimensionné pour transporter jusqu’à 2 millions de tonnes d’hydrogène par an, cet ouvrage représente un investissement estimé à plus de 2 milliards d’euros .

L’intérêt stratégique de cette infrastructure repose sur plusieurs facteurs. D’une part, elle permettra de valoriser l’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, en Espagne et au Portugal. D’autre part, elle contribuera à alimenter les bassins industriels français, en particulier celui de Fos-sur-Mer, où les besoins en énergie décarbonée sont particulièrement élevés.

Au-delà de la simple interconnexion, BarMar ambitionne de devenir l’un des piliers d’une dorsale hydrogène européenne, connectée aux futurs réseaux allemands et nord-européens .

Fos-sur-Mer, futur hub de l’hydrogène en France

Le choix de Fos-sur-Mer ne doit rien au hasard. Déjà identifié comme un hub industriel majeur, le territoire concentre de nombreux projets liés à la décarbonation, notamment dans la sidérurgie, la chimie ou encore la logistique portuaire.

Le projet BarMar viendra s’articuler avec les futures infrastructures locales de transport d’hydrogène, développées notamment par les gestionnaires de réseaux français. Ces réseaux permettront de distribuer l’hydrogène aux industriels et de structurer un véritable écosystème énergétique bas carbone à l’échelle régionale.

Selon plusieurs études, ces infrastructures pourraient contribuer à une réduction significative des émissions industrielles à horizon 2040, confirmant le rôle central de l’hydrogène dans la transition énergétique des zones industrialo-portuaires .

Une concertation publique pour accompagner un projet structurant

L’ouverture de la concertation préalable constitue une étape réglementaire clé pour ce type de projet d’infrastructure. Elle vise à informer le public, recueillir les avis des parties prenantes et intégrer les enjeux environnementaux, territoriaux et socio-économiques dans la conception du projet.

Encadrée par la Commission nationale du débat public, cette phase permettra notamment de débattre des impacts environnementaux liés à la pose d’une canalisation sous-marine, des enjeux de sécurité ou encore des retombées économiques locales.

Dans un contexte où les projets énergétiques suscitent une attention croissante, cette démarche de concertation apparaît essentielle pour garantir l’acceptabilité et la réussite du projet.

Un projet emblématique des nouveaux réseaux énergétiques

Avec BarMar, c’est toute la question de l’évolution des infrastructures de transport d’énergie qui se pose. À l’image des réseaux gaziers historiques, les futurs réseaux d’hydrogène devront être capables de relier les zones de production aux grands centres de consommation industrielle.

Ce projet illustre ainsi la transformation profonde des réseaux énergétiques, désormais orientés vers des flux décarbonés, interconnectés à l’échelle européenne et intégrés aux politiques climatiques.

La mise en service de BarMar est aujourd’hui envisagée à l’horizon 2032, sous réserve des autorisations et des investissements nécessaires. D’ici là, la concertation engagée en 2026 constituera une étape décisive pour affiner le projet et sécuriser son déploiement.

Hydrogène et infrastructures : vers un changement d’échelle

Le développement de projets comme BarMar confirme une tendance de fond : la montée en puissance des grandes infrastructures énergétiques dédiées à l’hydrogène. À mesure que les usages industriels se structurent, les besoins en transport massif et sécurisé deviennent centraux.

Dans ce contexte, les territoires portuaires et industriels, à l’image de Fos-sur-Mer, apparaissent comme des points névralgiques de cette nouvelle géographie énergétique. Entre production, importation et distribution, ils seront au cœur des futurs réseaux bas carbone.

BarMar s’impose ainsi comme un projet emblématique de cette transition, à la croisée des enjeux d’infrastructures, d’industrialisation et de souveraineté énergétique.