Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, France Gaz appelle à clarifier rapidement la trajectoire des certificats de production de biogaz (CPB). En effet, sans visibilité après 2028, les investissements ralentissent et la filière des gaz renouvelables se fragilise.
Une filière stratégique pour la transition énergétique
Aujourd’hui, les tensions géopolitiques rappellent la fragilité énergétique de l’Europe. Dans ce contexte, le biométhane et les gaz renouvelables apportent une réponse concrète.
En effet, ces énergies locales renforcent l’autonomie stratégique. De plus, elles réduisent l’empreinte carbone et valorisent les ressources des territoires. Ainsi, elles complètent efficacement les efforts d’électrification.
D’ailleurs, la Commission européenne souligne ce rôle dans sa récente communication sur l’énergie. Par conséquent, les gaz décarbonés s’imposent comme un levier clé pour atteindre les objectifs climatiques.
Un manque de visibilité qui freine les investissements
Cependant, la dynamique actuelle marque le pas. En cause : l’absence de trajectoire claire pour les certificats de production de biogaz après 2028.
Concrètement, cette incertitude bloque les décisions d’investissement. Aujourd’hui, plus d’un milliard d’euros de projets restent en attente. Pourtant, de nombreuses installations pourraient démarrer rapidement.
Par conséquent, la France risque de ralentir sa trajectoire de décarbonation à horizon 2030. En parallèle, toute la filière se trouve fragilisée.
Des impacts directs sur les territoires et l’emploi
Sur le terrain, les effets se font déjà sentir. D’abord, les exploitations agricoles et les industriels subissent cette incertitude. Pourtant, ces acteurs portent les projets depuis plus de 15 ans.
Ensuite, l’ensemble de la chaîne de valeur est concerné. Aujourd’hui, la filière représente environ 26 600 emplois et 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Enfin, d’autres technologies pâtissent aussi de ce manque de visibilité. Il s’agit notamment de la pyrogazéification, de la gazéification hydrothermale ou encore de la méthanation. Pourtant, ces solutions restent essentielles pour valoriser les déchets et produire du gaz bas carbone.
Un appel à une décision rapide du Gouvernement
Face à cette situation, France Gaz appelle à agir sans délai. Selon l’organisation, la France se trouve à un moment décisif.
D’un côté, elle peut soutenir une trajectoire ambitieuse et cohérente. De l’autre, elle risque de freiner une dynamique déjà engagée dans les territoires.
Ainsi, la filière demande l’ouverture immédiate des concertations sur la période 2028-2035. L’objectif est clair : publier un décret avant l’été 2026.
En apportant de la visibilité, le Gouvernement sécuriserait les investissements. De plus, il soutiendrait l’emploi local. Enfin, il réduirait la dépendance au gaz fossile importé et favoriserait des solutions comme les digestats face à la crise des engrais.
