PFAS : le HCSP formule ses recommandations sur les boues de stations d’épuration

Par Armand Rosam |

La présence de PFAS dans les boues de stations d’épuration fait l’objet de nouvelles recommandations. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) vient en effet de publier un avis consacré à leur gestion.

PFAS : le HCSP formule ses recommandations sur les boues de stations d’épuration

La présence de PFAS dans les boues de stations d’épuration fait l’objet de nouvelles recommandations. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) vient en effet de publier un avis consacré à leur gestion.

Ces substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées constituent un casse-tête pour les acteurs de l’eau. Le HCSP propose donc plusieurs mesures pour mieux encadrer la gestion des boues issues des stations de traitement des eaux usées.

Réduire les PFAS à la source

Le HCSP recommande d’abord d’agir en amont. Il préconise ainsi de mettre en place des politiques de réduction à la source de la contamination.

L’objectif consiste notamment à identifier les principaux rejets de PFAS dans les réseaux de collecte des eaux usées urbaines. Il s’agit ensuite de rechercher et d’éliminer ces sources lorsque cela est possible.

Cette approche doit permettre de limiter la présence de ces substances dans les eaux usées. Elle doit aussi, par conséquent, réduire leur concentration dans les boues produites par les stations d’épuration.

Revoir les substances surveillées

Le HCSP recommande également de faire évoluer les molécules prises en compte dans les sommes réglementaires et dans le suivi des boues.

Cette évolution doit s’appuyer sur les résultats des campagnes de mesure consacrées aux PFAS. Elle vise notamment à mieux tenir compte de la représentativité et de l’occurrence des différentes substances.

Le suivi pourrait ainsi évoluer en fonction des connaissances disponibles et des résultats observés sur le terrain.

Trois catégories de boues

Autre proposition importante : le HCSP préconise de classer les boues contenant des PFAS en trois catégories.

La première catégorie correspond notamment à une somme des 37 PFAS analysés inférieure à 100 µg/kg de matière sèche. Elle prend également en compte des seuils spécifiques pour le PFOA et le PFOS.

Cette classification doit ensuite permettre d’adapter les conditions d’épandage aux concentrations mesurées.

L’épandage reste possible sous conditions

Le HCSP ne recommande pas une interdiction générale de l’épandage.

Selon son avis, l’épandage pourrait rester autorisé. Il devrait toutefois respecter certaines conditions. Parmi celles-ci figure la préservation des zones de captage d’eau destinée à la consommation humaine.

Le HCSP préconise également de limiter les apports annuels globaux pour certaines catégories de boues.

Une attention particulière doit être portée aux aires d’alimentation des captages. Dans ces secteurs, le HCSP souhaite limiter les apports de boues présentant une somme de PFAS inférieure à 2 µg/kg de matière sèche.

Mieux informer les propriétaires

L’information constitue également un volet important des recommandations.

Le HCSP estime ainsi que les propriétaires des terrains concernés doivent connaître les concentrations en PFAS mesurées dans les boues utilisées.

Cette transparence doit permettre de mieux suivre les apports réalisés sur les sols. Elle participe aussi à une gestion plus rigoureuse des risques liés à la présence de PFAS.

Un nouvel enjeu pour les stations d’épuration

Ces recommandations placent donc la gestion des PFAS parmi les priorités des politiques de traitement des eaux usées.

Pour les exploitants de STEP et les collectivités, l’enjeu porte désormais autant sur la qualité des eaux traitées que sur la destination des boues produites.

La réduction à la source, le suivi des PFAS et la caractérisation des boues deviennent ainsi des leviers complémentaires. À terme, ils doivent permettre de mieux maîtriser les transferts de ces substances vers les sols et l’environnement.

Source : l’article de Transitions – Landot & associés, publié le 25 août 2026, présente les principales recommandations du HCSP sur la gestion des PFAS dans les boues de stations de traitement des eaux usées.

Lire l’article original sur Transitions – Landot & associés