Agrivoltaïsme : une charte nationale pour des projets concertés

Par Armand Rosam |

AMORCE et France renouvelables lancent un nouveau cadre pour l’agrivoltaïsme. Les deux organisations ont signé, le 3 septembre 2026, une Charte nationale en faveur de projets agrivoltaïques territoriaux et concertés.

Agrivoltaïsme : une charte nationale pour des projets concertés

AMORCE et France renouvelables lancent un nouveau cadre pour l’agrivoltaïsme. Les deux organisations ont signé, le 3 septembre 2026, une Charte nationale en faveur de projets agrivoltaïques territoriaux et concertés.

Cette initiative intervient après plusieurs mois de concertation. Elle a réuni des représentants des collectivités locales, des développeurs agrivoltaïques et des acteurs du monde agricole.

Les deux organisations appellent désormais les territoires, les développeurs et les acteurs agricoles à rejoindre les signataires.

L’agrivoltaïsme sert les territoires

La troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe des objectifs ambitieux pour le développement du photovoltaïque en France.

Pour les atteindre, plusieurs types de foncier peuvent être mobilisés. C’est notamment le cas des bâtiments, des parkings, des friches et des terrains dégradés.

L’agrivoltaïsme doit également contribuer à cette dynamique. Il peut répondre à plusieurs enjeux locaux.

D’abord, il participe au maintien de certaines activités agricoles. Ensuite, il peut renforcer la souveraineté énergétique des territoires. Enfin, les installations peuvent apporter des services d’adaptation au changement climatique aux exploitations agricoles.

Une place renforcée des collectivités

Le développement de l’agrivoltaïsme soulève toutefois des questions à l’échelle locale.

La loi d’Accélération de la production d’énergies renouvelables (APER) de 2023 encadre ces projets. Cependant, selon AMORCE et France renouvelables, elle définit encore insuffisamment la place des collectivités dans leur développement.

Or, les projets agrivoltaïques doivent s’inscrire dans une véritable dynamique territoriale.

La nouvelle charte entend donc renforcer le dialogue entre les différentes parties prenantes. Elle vise aussi à instaurer un cadre de confiance entre collectivités, développeurs et acteurs agricoles.

Des engagements dès la phase de prospection

La Charte nationale propose plusieurs bonnes pratiques. Elle prévoit notamment d’associer les collectivités au développement des projets dès la phase de prospection.

Cette approche doit permettre aux territoires de mieux appréhender les projets en amont. Elle favorise également une meilleure prise en compte des enjeux locaux.

Le document prévoit aussi d’intégrer les besoins des propriétaires et des exploitants agricoles. Les intérêts du territoire doivent ainsi être considérés au même titre que ceux des autres parties prenantes.

La concertation devient donc un élément central du développement des projets agrivoltaïques.

Un développement plus concerté

Avec cette charte, AMORCE et France renouvelables souhaitent donner un signal au secteur.

Les deux organisations invitent ainsi les collectivités territoriales, les développeurs et les acteurs agricoles à devenir signataires.

L’objectif est de favoriser un développement de l’agrivoltaïsme fondé sur la concertation, l’expertise et le dialogue.

À terme, cette démarche doit permettre de faire émerger des projets présentant une forte valeur territoriale. Elle doit aussi contribuer à leurs bénéfices agricoles, économiques, sociaux et environnementaux.

Pour les territoires, l’enjeu est donc de ne pas opposer production d’énergie et activité agricole. Il s’agit plutôt de construire des projets adaptés aux réalités locales et élaborés avec l’ensemble des acteurs concernés.