La décarbonation du secteur du bâtiment impose une transformation rapide de nos infrastructures. C’est pourquoi la Direction Générale de GRDF et les acteurs du secteur mettent en avant de nouvelles solutions. Parmi elles, l’hybridation des systèmes de chauffage s’impose désormais comme une stratégie incontournable pour moderniser les réseaux.
Qu’est-ce que l’hybridation thermique dans le logement ?
Pour commencer, l’hybridation repose sur l’association de deux énergies distinctes au sein d’un même système de chauffage. En général, les installateurs couplent une pompe à chaleur électrique avec une chaudière à gaz à très haute performance.
Par conséquent, l’équipement bascule intelligemment d’une énergie à l’autre selon la température extérieure. La pompe à chaleur assure la base de la production en intersaison. Ensuite, le système de gaz prend le relais lors des vagues de froid intense. De cette manière, le logement optimise sa consommation en temps réel.
Un soulagement crucial pour le réseau électrique
De plus, cette technologie présente un intérêt majeur pour la gestion globale des réseaux de distribution. En effet, la généralisation du chauffage 100% électrique pose des défis de dimensionnement lors des pics hivernaux.
Grâce à l’hybridation, le basculement vers le réseau de gaz pendant les heures de pointe réduit la tension sur le réseau électrique. Ainsi, les gestionnaires d’infrastructures évitent des investissements massifs dans le renforcement des lignes électriques. Par ailleurs, cette flexibilité sécurise l’approvisionnement énergétique de l’ensemble du territoire.
[Température Douce] ➔ Priorité Réseau Électrique (Pompe à chaleur)
↓
[Pic de Froid] ➔ Relais Réseau Gaz (Chaudière Haute Performance)
Le rôle pivot du gaz vert et du biométhane
Cependant, l’utilisation du gaz dans le logement doit elle aussi se décarboner. C’est ici que les réseaux de distribution de gaz jouent un rôle clé grâce à l’intégration du biométhane.
En premier lieu, le gaz vert est produit localement à partir de déchets organiques agricoles ou urbains. En outre, il utilise exactement les mêmes canalisations que le gaz naturel traditionnel. Par conséquent, l’introduction de ce gaz renouvelable ne nécessite aucune modification des infrastructures existantes. Finalement, les réseaux de gaz se verdissent progressivement sans travaux lourds de voirie.
Quels impacts pour les professionnels des VRD et du bâtiment ?
Pour les concepteurs de réseaux et les professionnels des VRD, cette approche implique une vision intégrée des infrastructures. Il ne faut plus opposer les réseaux, mais plutôt concevoir leur complémentarité.
D’une part, les lotissements et les rénovations de quartiers doivent maintenir un double raccordement énergétique. D’autre part, la maintenance de ces réseaux connectés exige une numérisation accrue pour suivre les flux d’énergie en temps réel. Les schémas directeurs des collectivités doivent donc intégrer cette mixité dès la phase de planification.
Une transition progressive et réaliste
Pour finir, l’hybridation thermique offre une réponse réaliste aux objectifs de neutralité carbone. Elle permet de massifier la rénovation énergétique sans saturer le réseau électrique. Grâce à la montée en puissance du biométhane, le réseau de gaz confirme sa place d’infrastructure d’avenir pour stocker et distribuer une énergie verte.
