FMHP : le SEDIF répond à Plaine Commune et défend son projet

Par Armand Rosam |

Le Syndicat des Eaux d'Île-de-France (SEDIF) réagit à l'avis défavorable adopté le 16 juin par Plaine Commune sur son projet de Filtration Membranaire Haute Performance (FMHP). Face à la volonté du territoire de quitter le syndicat pour créer une régie publique, il défend les bénéfices sanitaires, économiques et environnementaux de son projet. Il conteste aussi la faisabilité d'un retrait.

FMHP : le SEDIF répond à Plaine Commune et défend son projet

Le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF) réagit à l’avis défavorable adopté le 16 juin par Plaine Commune sur son projet de Filtration Membranaire Haute Performance (FMHP). Face à la volonté du territoire de quitter le syndicat pour créer une régie publique, il défend les bénéfices sanitaires, économiques et environnementaux de son projet. Il conteste aussi la faisabilité d’un retrait.

Au lendemain du vote de Plaine Commune, le SEDIF contre-attaque. Dans un communiqué publié le 18 juin, le syndicat appelle à un débat « serein et factuel ». Il réaffirme son engagement pour la santé publique et la solidarité entre ses 133 communes adhérentes.

La filtration membranaire présentée comme un « bouclier sanitaire »

Le SEDIF rappelle que son projet de Filtration Membranaire Haute Performance vise à éliminer plus de 90 % des PFAS, des résidus médicamenteux et des perturbateurs endocriniens. Selon le syndicat, cette technologie répond à l’augmentation des micropolluants présents dans les ressources en eau. Son objectif consiste à empêcher leur ingestion par les usagers.

Le syndicat reconnaît que le projet entraînera une hausse du prix de l’eau. Il l’estime à 4 euros HT par mois et par foyer d’ici 2032. En contrepartie, il avance qu’une eau adoucie permettrait d’économiser entre 50 et 100 euros par an. Cette baisse résulterait d’une consommation d’énergie plus faible, d’un moindre entartrage des installations et d’une durée de vie plus longue des équipements ménagers.

Le SEDIF défend aussi le bilan environnemental de la FMHP. Il reconnaît que les usines consommeront davantage d’électricité. En revanche, il estime que les économies réalisées dans les logements permettront d’éviter 100 000 à 130 000 tonnes de CO₂ équivalent par an. Le syndicat affirme également que les rejets issus du procédé n’auront pas d’impact sur le milieu naturel.

Le SEDIF juge une sortie du syndicat difficile

Le second volet du communiqué porte sur la volonté de Plaine Commune et de la Ville de Saint-Denis de créer une régie publique.

Le président du SEDIF, Richard Dell’Agnola, estime qu’un retrait du syndicat reste très improbable. Il rappelle que la procédure impose plusieurs étapes. Un rapport d’incidence doit d’abord être réalisé. Le comité syndical doit ensuite se prononcer. Enfin, une majorité qualifiée des 133 communes adhérentes doit approuver le départ.

Le SEDIF remet également en cause l’autonomie d’une future régie. Selon lui, une structure qui ne possède ni usines ni captages devra continuer à acheter son eau aux producteurs historiques. Le syndicat cite l’exemple d’Est Ensemble ou de certaines communes de Grand-Orly Seine Bièvre, qui s’approvisionnent encore largement auprès de ses installations.

Le syndicat évoque enfin le coût d’une séparation physique des réseaux. Il l’évalue à 66 millions d’euros pour un territoire comparable. Selon lui, cette dépense pèserait directement sur les finances publiques.

Un débat qui dépasse la seule technologie

Cette réponse intervient au lendemain de l’avis défavorable rendu par Plaine Commune sur le projet FMHP.

Le débat ne porte plus uniquement sur la filtration membranaire. Il concerne aussi le modèle de gestion de l’eau en Île-de-France. D’un côté, le SEDIF défend un service mutualisé à l’échelle régionale. De l’autre, plusieurs collectivités souhaitent reprendre directement la gestion de leur service d’eau potable.