L’Ademe a financé 1 200 projets de réseaux de chaleur en 2025

Par Armand Rosam |

Le Fonds Chaleur confirme son rôle stratégique dans la transition énergétique des territoires. En 2025, plus de 1 200 projets ont été accompagnés, permettant d’accélérer le développement des réseaux de chaleur et des énergies renouvelables au cœur des infrastructures urbaines.

L’Ademe a financé 1 200 projets de réseaux de chaleur en 2025

Le Fonds Chaleur confirme son rôle stratégique dans la transition énergétique des territoires. En 2025, plus de 1 200 projets ont été accompagnés, permettant d’accélérer le développement des réseaux de chaleur et des énergies renouvelables au cœur des infrastructures urbaines.

Pour rappel, la chaleur représente encore 43 % de la consommation énergétique en France, majoritairement issue d’énergies fossiles.

Un effort massif pour développer les réseaux de chaleur

D’abord, les résultats 2025 traduisent un changement d’échelle. Grâce à un budget de 801 millions d’euros, intégralement engagé, le Fonds Chaleur a permis :

  • la création de 643 km de réseaux de chaleur
  • le déploiement de plus de 1 200 installations énergétiques
  • une production de 3,5 TWh/an de chaleur renouvelable

Ces infrastructures permettent de couvrir l’équivalent des besoins de chauffage de 200 000 logements.

Ensuite, l’impact carbone est significatif. Les projets financés permettront d’éviter environ 777 000 tonnes de CO₂ par an. Avec un coût moyen de 51,5 € par tonne de CO₂ évitée, le dispositif s’impose comme l’un des outils les plus efficaces pour décarboner les territoires.

Les réseaux de chaleur, colonne vertébrale des infrastructures énergétiques

Dans le détail, les réseaux de chaleur représentent un poste majeur d’investissement. En 2025, ils concentrent 298 millions d’euros d’aides, confirmant leur rôle central dans l’aménagement urbain.

Ces infrastructures sont particulièrement adaptées :

  • aux zones urbaines denses
  • aux opérations de renouvellement urbain
  • aux projets de voiries intégrant des réseaux énergétiques

Par ailleurs, le mix énergétique évolue. La biomasse reste dominante avec 52 % de la production, mais la diversification s’accélère. La géothermie atteint désormais 21 %, tandis que la récupération de chaleur fatale représente 18 %.

Cette évolution reflète une stratégie plus équilibrée, notamment face aux tensions sur certaines ressources comme la biomasse.

Une dynamique structurante pour les territoires

Depuis sa création en 2009, le Fonds Chaleur affiche un bilan conséquent. Il a permis de financer :

  • 11 200 installations d’énergies renouvelables
  • 5 200 km de réseaux de chaleur
  • 52,5 TWh/an de production supplémentaire

Au total, ces investissements représentent 18 milliards d’euros générés, pour 5,9 milliards d’euros d’aides publiques. Un effet de levier majeur pour les collectivités et les acteurs des travaux publics.

De plus, ces projets contribuent directement à la souveraineté énergétique. Ils permettent d’économiser environ 2,6 milliards d’euros par an en importations d’énergies fossiles.

Un réseau de chaleur à Salon-de-Provence

Parmi les opérations accompagnées en 2025, le projet de Salon-de-Provence illustre parfaitement cette dynamique.

Ce projet combine plusieurs infrastructures énergétiques :

  • une centrale solaire thermique de 2 000 m²
  • une chaufferie biomasse de 10 MW
  • un réseau de chaleur de 15 km

À terme, il alimentera 70 sous-stations et produira 49 GWh d’énergie renouvelable. Surtout, il permettra d’éviter 11 000 tonnes de CO₂ par an.

Avec un coût global de 27,8 millions d’euros, dont 10,1 millions d’euros d’aides, ce projet illustre le rôle structurant des réseaux de chaleur dans les politiques d’aménagement.

Géothermie : une montée en puissance notable

Autre tendance forte en 2025 : la progression rapide de la géothermie. Plus de 300 projets ont été accompagnés, confirmant son potentiel dans les infrastructures locales.

Par exemple, à Pontivy, une installation sur sondes géothermiques permettra d’alimenter un établissement public avec une production de 345 MWh/an, tout en évitant 66 tonnes de CO₂ par an.

Cette technologie présente un avantage clé pour les collectivités : elle repose sur une ressource locale, stable et décarbonée.

2026 : un cap maintenu pour accélérer les projets

Enfin, la dynamique se poursuit. Pour 2026, l’État maintient un budget de 800 millions d’euros pour le Fonds Chaleur.

Les priorités sont claires :

  • accélérer les réseaux de chaleur
  • développer la géothermie
  • renforcer la récupération de chaleur fatale
  • diversifier les sources d’énergie

Dans un contexte où les projets en attente représentent déjà près du double du budget disponible, la pression reste forte sur les acteurs des infrastructures.

Un enjeu clé pour les professionnels des voiries et réseaux

Au final, le bilan 2025 confirme une tendance de fond. Les réseaux de chaleur deviennent des infrastructures essentielles, au même titre que les réseaux d’eau ou d’électricité.

Pour les entreprises de réseaux, ces projets représentent :

  • de nouveaux marchés
  • une montée en technicité des chantiers
  • un rôle clé dans la transition énergétique des territoires

À mesure que les objectifs de la PPE se rapprochent — jusqu’à 421 TWh de chaleur renouvelable d’ici 2035 —, le développement de ces infrastructures devrait encore s’accélérer.