La société suisse Oxyle annonce une avancée majeure dans la lutte contre les PFAS, aussi appelés « polluants éternels ». La cleantech a validé sa technologie de destruction directement sur le site d’un client industriel. Ce pilote confirme l’efficacité de sa solution dans des conditions réelles d’exploitation et ouvre la voie à un déploiement à grande échelle.
Grâce à sa technologie propriétaire OxLight, l’entreprise a obtenu une dégradation supérieure à 99 % sur un premier flux d’eaux usées industrielles et supérieure à 97 % sur un second. Les analyses montrent également une libération de fluorures, preuve que les molécules de PFAS ont été détruites de manière permanente.
Les données recueillies serviront désormais à concevoir un système industriel capable d’atteindre un taux de destruction supérieur à 99,9 %.
Une validation en conditions industrielles
Réalisé sur un site industriel, ce projet pilote marque une nouvelle étape dans la commercialisation des solutions développées par Oxyle.
L’objectif consistait à traiter un PFAS C3 à chaîne ultra-courte, considéré comme l’un des composés les plus difficiles à éliminer. Pour y parvenir, l’entreprise a utilisé OxLight, une technologie de réduction photochimique conçue pour dégrader les PFAS directement dans les eaux usées.
Cette expérimentation démontre que la destruction permanente de ces substances est possible, même dans des conditions industrielles exigeantes. Elle confirme également que la technologie peut s’adapter à des effluents complexes.
Deux types d’eaux usées traités avec succès
Le pilote a porté sur deux flux d’eaux usées présentant des compositions très différentes.
Le premier effluent affichait une forte charge inorganique et une concentration comprise entre 20 et 25 ppm de PFAS. Dans ce cas, OxLight a permis de dépasser 99 % de dégradation.
Le second flux contenait davantage de matière organique et environ 70 ppm de PFAS. Malgré cette matrice plus complexe, le procédé a atteint plus de 97 % de destruction.
Dans les deux situations, la mesure des fluorures libérés a confirmé la rupture de la liaison carbone-fluor. Ce résultat atteste d’une destruction définitive des PFAS, contrairement aux technologies qui se limitent à les concentrer.
OxLight, une alternative aux procédés classiques
La technologie OxLight repose sur une combinaison de lumière UV et d’agents médiateurs. Elle détruit les PFAS directement à la source, sans générer de déchets concentrés.
Cette approche se distingue des solutions d’adsorption ou de filtration, qui transfèrent les polluants vers des charbons actifs, des résines ou d’autres médias filtrants. Ces derniers doivent ensuite être éliminés ou traités.
OxLight constitue le cœur des systèmes modulaires développés par Oxyle. Des étapes de traitement complémentaires peuvent être ajoutées selon la qualité de l’eau, la nature des PFAS présents et les exigences réglementaires du site industriel.
Des données essentielles
Au-delà des performances de traitement, le pilote a permis de collecter des informations clés pour le développement d’une future installation industrielle.
Les équipes ont pu analyser la stabilité du procédé, les paramètres de dimensionnement, les conditions de fonctionnement ainsi que les performances économiques de la technologie.
Ces résultats serviront à concevoir un système full scale visant une destruction supérieure à 99,9 % des PFAS. Ils renforcent également les perspectives de déploiement commercial de la solution auprès des industriels confrontés à la présence de ces polluants dans leurs eaux usées.
« Une base solide pour le passage à l’échelle »
Pour Dr Fajer Mushtaq, cofondatrice et CEO d’Oxyle, ce pilote constitue une étape décisive :
« Les PFAS à chaîne ultra-courte comptent parmi les polluants les plus persistants et les plus difficiles à traiter dans le domaine du traitement de l’eau. Les résultats de ce pilote démontrent non seulement la destruction effective de ces composés, mais aussi la capacité d’adaptation de notre solution face à la complexité des effluents industriels rencontrés sur le terrain. Les données recueillies constituent une base empirique solide pour concevoir une installation à grande échelle visant un objectif de traitement supérieur à 99,9 %. »
