« Rapprocher les Canalisateurs des collectivités »
Élu président des Canalisateurs le 3 juin, Christophe Ruas succède à Pierre Rampa avec l’ambition de renforcer la visibilité du syndicat auprès des collectivités et d’accompagner les entreprises face aux défis du renouvellement des réseaux, de la prévention et de la transition écologique.
Candidat volontaire à la succession de Pierre Rampa, Christophe Ruas, actuel PDG de SRC, une entreprise spécialisée dans l’eau et l’assainissement située dans le Gard, connaît bien les enjeux des Canalisateurs. Sa prise de fonction a été organisée méthodiquement avec l’appui du président sortant. La transition a duré un an et a été émaillée de 15 réunions en régions afin d’aller à la rencontre des adhérents.
Familier du Bureau – il est membre du conseil d’administration – il loue « une vraie ambiance de travail » où « l’esprit d’équipe permet de prendre les décisions à l’unanimité ». 10 commissions, pilotées par des experts, travaillent sur des thématiques comme la technique, la prévention, ou encore l’environnement en « totale transparence ».
« Les PME se structurent grâce à la transparence des grands groupes, relève-t-il. Nous nous appuyons sur de véritables structures régionales qui fonctionnent, épaulées par les FRTP ».
La prévention comme marqueur
Très investi dans les questions de prévention, il entend conserver la présidence de cette commission qu’il pilote depuis plusieurs années.
« Je la dirige car je n’étais pas le bon élève et grâce à elle, j’ai beaucoup progressé », révèle-t-il. De fait, évoluer en PME implique d’être polyvalent et a pour conséquence de ne pas toujours être bien formé.
« Je crois sincèrement que ce volet est l’avenir de notre profession et un moyen de recruter phénoménal », ajoute-t-il.
Très au fait des technologies « qui évoluent vite », les Canalisateurs testeront prochainement un exosquelette destiné aux poseurs. Dans ce métier particulièrement physique, les gestes répétitifs et les postures contraignantes constituent un point de vigilance permanent. 10 entreprises auront pour tâches de tester son efficacité avérée au moyen de capteurs qui calculeront notamment l’énergie consommée, et son acceptabilité. « Ils devront notamment évaluer si l’exosquelette peut être gardé toute la journée », précise Christophe Ruas.
Outiller les territoires
Désireux de soumettre une feuille de route au plus près des besoins, Christophe Ruas aura pour priorité « d’accompagner nos régions avec les bons outils, afin de montrer le bon exemple aux maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvre ».
« A ce jour, certains clients font très bien le job et leurs réussites seront mis en lumière par l’application MonSuiviEau, mise à disposition des adhérents. Elle livre des données clés, associées aux collectivités, comme le nombre de kilomètres de réseau, ou encore le montant des investissements par an. Les zones non renseignées ne représentant que 20 % des branchements, cette base de données est bien représentative », ajoute le président.
Au-delà de l’outil, le nouveau président souhaite faire des Canalisateurs un véritable partenaire de confiance des collectivités. L’objectif est de mieux documenter les conséquences du report des investissements dans les réseaux et d’aider les élus à objectiver leurs choix. Un manifeste est actuellement en préparation afin de fournir aux entreprises des arguments leur permettant d’accompagner les collectivités dans leurs projets et d’expliquer aux administrés la nécessité de ces travaux souvent peu visibles mais indispensables.
En parallèle, les Canalisateurs poursuivront leur analyse du coût de l’inaction. Six chantiers en région, dont trois déjà achevés, seront passés au crible afin d’évaluer « leur coût et ce qu’ils rapportent à la collectivité ».
« Il s’agit de quantifier les externalités positives et négatives de ces investissements », explique Christophe Ruas.
Chaque effet sera traduit en valeur monétaire : amélioration des performances des réseaux, réduction des fuites, économies d’énergie ou encore baisse des émissions de carbone. L’ambition est de démontrer que les bénéfices générés par ces travaux dépassent largement leur seul coût initial.
Le carbone, nouveau terrain d’action
Face à l’intérêt grandissant des collectivités pour le bilan carbone, BE et entreprises peuvent depuis 8 mois s’appuyer sur l’outil SEVE-TP Cana. Déclinaison de l’outil de la FNTP, désormais reconnu par l’Etat, le système de calcul a plus d’un atout dans son sac.
« Il est utile dans la justification des variantes techniques », indique Christophe Ruas.
Dans ce domaine, la technologie apporte sa pierre à l’édifice. Le nouveau président note « de vraies avancées sur le marché de la fonte », dont les fournisseurs se dotent de fours électriques. « Leur progression est remarquable dans leur capacité à renforcer la résistance des matériaux et allonger leur durée de vie ».
Le nouveau président loue également les avantages des techniques sans tranchée qui « permettent la réhabilitation des réseaux par l’intérieur », apportant une réponse attendue par les collectivités. Au sein des Canalisateurs, les travaux sans tranchée représentent désormais 10% des chantiers. Deux sous-commissions « Sans tranchée » ont d’ailleurs été créées : pour la réhabilitation, et les travaux neufs.
« A l’image de la gestion des eaux pluviales, il s’agit de nouveaux métiers qui font évoluer nos compétences », considère Christophe Ruas.
Son parcours professionnel
Christophe Ruas est P.-D.G. de la Société Régionale de Canalisation (SRC) depuis 1995 et de la société Leygue depuis 2002, près de Nîmes. Il est également gérant de la Financière Travaux Publics et Carrière depuis 2008. Titulaire d’une maîtrise de chimie (option « Chimie des matériaux et interfaces ») et d’un DESS Certificat d’aptitude à l’administration des entreprises, il est président de la délégation gardoise de la FRTP et trésorier de la FRTP Occitanie depuis dix ans. Il est à l’origine du label GECO (Granulats de l’Économie Circulaire d’Occitanie), développé avec l’Ademe et la Région Occitanie.
Le saviez-vous ?
Il existe environ 25 000 structures spécialisées dans l’eau et l’assainissement en France.
Les Canalisateurs de France c’est :
- 350 adhérents
- 35 000 collaborateurs sur le terrain
- Sur les 24 membres du conseil d’administration, 6 sont des grands groupes et 18 PME.
Les infos à connaître
- Il y a une augmentation des appels d’offre dans les réseaux d’eau chaude
- Le taux de renouvellement des réseaux d’assainissement est de 0,46 % par an, soit une durée théorique de renouvellement supérieure à 200 ans.
- Le retrait-gonflement des argiles (RGA) amplifie le phénomène de fuites estivales, autrefois davantage associé aux épisodes de gel/dégel hivernaux.
