À Colmar, les eaux de pluie ne doivent plus systématiquement rejoindre les réseaux d’assainissement. La collectivité mise désormais sur leur infiltration au plus près de leur point de chute.
Cette démarche, présentée par Alternatives Économiques dans un article consacré au « pari de Colmar », répond à un double enjeu. Il s’agit à la fois de soulager les réseaux d’assainissement et de préserver la ressource en eau.
Gérer la pluie là où elle tombe
Le principe est simple. Plutôt que de faire circuler l’eau de pluie dans les canalisations, il faut autant que possible la conserver sur place.
Les jardins peuvent ainsi jouer un rôle important. L’eau récupérée sur les toitures peut être stockée ou infiltrée directement dans les sols.
Cette approche rejoint les principes de la gestion intégrée des eaux pluviales. Le Cerema recommande en effet de gérer l’eau au plus près de l’endroit où elle tombe. Cette stratégie permet de limiter les volumes entrant dans les réseaux et les stations d’épuration.
C’est précisément l’un des constats mis en avant par Alternatives Économiques dans son article sur Colmar. Lorsque les eaux pluviales rejoignent les réseaux d’assainissement, elles peuvent augmenter fortement les volumes à traiter.
Soulager les réseaux d’assainissement
L’enjeu est particulièrement important à Colmar.
Le réseau d’assainissement de l’agglomération est majoritairement unitaire. Les eaux usées et les eaux pluviales peuvent donc se retrouver dans les mêmes canalisations.
Lors des épisodes pluvieux importants, les volumes augmentent rapidement. Le système peut alors atteindre ses limites.
Alternatives Économiques rappelle ainsi que les stations d’épuration françaises sont confrontées à cette problématique. Les eaux de pluie peuvent contribuer à leur saturation lorsqu’elles sont mélangées aux eaux usées.
À Colmar, la collectivité cherche donc à réduire ces apports en amont. L’objectif consiste notamment à déconnecter certaines surfaces du réseau.
Les jardins au cœur du dispositif
Les espaces verts deviennent ainsi de véritables infrastructures hydrauliques.
Un jardin peut stocker temporairement une partie de l’eau. Il peut aussi favoriser son infiltration dans le sol.
Cette solution présente plusieurs avantages.
D’abord, elle réduit les volumes envoyés vers les réseaux d’assainissement. Ensuite, elle limite le ruissellement. Enfin, elle contribue à maintenir l’eau dans le sol.
La ville de Colmar développe d’ailleurs plus largement des opérations de désimperméabilisation et de végétalisation. Ces aménagements doivent notamment améliorer l’infiltration des eaux pluviales et limiter le ruissellement.
Une stratégie qui dépasse les seuls jardins
La démarche ne repose toutefois pas uniquement sur les particuliers.
Colmar Agglomération travaille depuis plusieurs années sur une gestion intégrée des eaux pluviales. Cette politique accompagne notamment la mise en conformité du système d’assainissement. Elle associe gestion de l’eau, végétalisation et adaptation au changement climatique.
Plusieurs solutions peuvent ainsi être mobilisées.
Il peut s’agir de noues végétalisées. Mais aussi de jardins de pluie, de surfaces perméables ou de dispositifs d’infiltration.
Le principe reste le même : ralentir l’eau, la stocker et favoriser son infiltration plutôt que de l’évacuer immédiatement.
Une réponse aux épisodes pluvieux
Cette stratégie répond aussi à l’évolution des épisodes météorologiques.
Les pluies intenses peuvent provoquer des ruissellements importants en ville. Elles peuvent également mettre sous pression les réseaux d’assainissement.
Or, gérer l’eau directement dans les espaces verts permet de répartir les volumes.
Le Cerema rappelle ainsi que la gestion intégrée des eaux pluviales contribue à réduire les risques d’inondation par ruissellement. Elle favorise également la recharge des nappes et la nature en ville.
Une nouvelle approche des réseaux
Le cas de Colmar illustre donc une évolution importante pour les collectivités.
L’eau de pluie n’est plus uniquement considérée comme une eau à évacuer. Elle devient une ressource à conserver.
C’est aussi l’un des enseignements de l’article d’Alternatives Économiques : les réseaux d’assainissement ne peuvent pas être la seule réponse à la gestion des eaux pluviales.
Il faut agir en amont.
Les jardins, les espaces verts, les voiries et les parkings peuvent ainsi participer à cette gestion. À terme, cette approche permet de réduire la pression sur les canalisations et les stations d’épuration.
Pour les collectivités et les gestionnaires de réseaux, le changement est donc important. Il ne s’agit plus seulement de dimensionner les réseaux pour évacuer davantage d’eau. Il faut aussi chercher à éviter que cette eau y arrive.
À Colmar, le jardin devient ainsi une petite infrastructure de gestion de l’eau. Et cette logique pourrait progressivement s’imposer dans de nombreux territoires confrontés aux mêmes enjeux.
Pour consulter l’article d’Alternatives Economiques c’est ici.
