AGILIS, filiale du groupe NGE, s’associe à Paebbl pour réduire l’empreinte carbone des infrastructures routières. Après plus d’un an de développement, les deux entreprises annoncent une baisse de 28 à 32 % du poids carbone de leurs bétons extrudés.
Cette performance repose sur un matériau cimentaire complémentaire développé par Paebbl. Surtout, son intégration ne nécessite pas de modifier la formulation structurelle du béton existant.
Un béton extrudé plus bas carbone
Le béton extrudé, ou « slipform concrete », occupe une place importante dans les travaux routiers. Il est notamment utilisé pour réaliser différents ouvrages et équipements en béton.
Cependant, ce matériau reste complexe à décarboner. Il est très ferme, dense et peu ouvrable. Sa formulation supporte donc difficilement les modifications.
AGILIS et Paebbl ont pourtant réussi à intégrer un matériau cimentaire complémentaire dans une formulation déjà éprouvée.
Les essais montrent une réduction de 28 à 32 % de l’empreinte carbone du béton. La comparaison a été réalisée sur une même formulation, avec et sans le matériau développé par Paebbl.
Une solution testée sur le terrain
Le partenariat entre les deux entreprises dépasse désormais le stade du laboratoire.
La première application est opérationnelle depuis avril 2026. Elle se trouve sur la centrale à béton AGILIS située près de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle.
Le matériau Paebbl est intégré à une formulation de béton extrudé existante. Selon les deux partenaires, cette réalisation constitue une première mondiale pour l’utilisation, dans cette application, d’un matériau cimentaire complémentaire capable de stocker du carbone.
Cette étape permet surtout de confronter la solution aux contraintes réelles de production.
Une formulation existante conservée
L’intérêt de cette démarche tient aussi à sa simplicité d’intégration.
AGILIS a incorporé le matériau Paebbl dans ses formulations de béton extrudé déjà utilisées sur le terrain. Les recettes existantes ne sont donc pas remises en cause.
Les équipes ont également augmenté les taux de substitution du ciment. Elles estiment désormais pouvoir aller plus loin dans la réduction de l’empreinte carbone.
Les travaux ont réuni la direction technique d’AGILIS, le Département Recherche Béton de NGE et ATCM, le laboratoire matériaux du groupe.
Les essais ont notamment porté sur le Rebond 300, dernier produit de la gamme Rebond de Paebbl.
Du CO₂ stocké dans le matériau
Paebbl développe des matériaux de construction capables de stocker du carbone.
Son procédé accélère la minéralisation naturelle. Le CO₂ capté à partir de sources industrielles est chimiquement lié à des minéraux abondants, comme l’olivine.
Il est ainsi transformé en matériau minéral solide.
Selon Paebbl, cette réaction peut être réalisée en quelques heures. Dans la nature, un processus comparable peut prendre plusieurs siècles.
L’objectif consiste donc à intégrer le stockage du carbone directement dans les matériaux utilisés pour les infrastructures.
Un bilan carbone net négatif
Paebbl met également en avant le bilan environnemental de son matériau.
Sa Déclaration Environnementale de Produit (EPD) vérifiée affiche une empreinte carbone nette de -149 kg CO₂e par tonne.
Ce résultat repose sur le périmètre défini par l’analyse du cycle de vie. Celle-ci prend notamment en compte les consommations énergétiques nécessaires à la production ainsi que la logistique.
Il s’agit donc d’un bilan carbone net. Les émissions liées à la fabrication du matériau sont intégrées au calcul.
Un objectif de 30 % pour NGE
Cette collaboration s’inscrit dans la stratégie de décarbonation du groupe NGE.
Ses équipes d’ingénierie visent une réduction d’au moins 30 % de l’empreinte carbone de ses ouvrages d’ici 2030.
Dans ce contexte, les résultats obtenus avec Paebbl constituent une piste pour réduire les émissions liées aux bétons utilisés dans les infrastructures routières.
De plus, AGILIS dispose désormais d’un retour d’expérience sur l’utilisation de ce matériau. L’entreprise estime pouvoir le déployer sur de futurs projets.
Des infrastructures routières moins carbonées
La décarbonation des travaux routiers passe notamment par la réduction de la part de ciment dans les bétons.
Le partenariat entre AGILIS et Paebbl apporte une réponse sur ce point. Il associe substitution du ciment et stockage du carbone.
Surtout, les essais montrent que cette approche peut s’appliquer à un béton extrudé particulièrement exigeant.
Pour les infrastructures routières, l’enjeu est désormais de poursuivre les essais et d’élargir les applications. AGILIS et Paebbl souhaitent ainsi aller plus loin dans la réduction de l’empreinte carbone des bétons.
À terme, cette technologie pourrait également être déployée sur d’autres projets du groupe NGE.
