L’opérateur NaTran confirme l’intérêt d’une infrastructure de transport de CO₂ à grande échelle dans le nord de la France, à l’issue d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) concluant.
En effet, ce projet structurant concerne quatre régions clés : les Hauts-de-France, le Grand Est, la Normandie et l’Île-de-France.
Un besoin massif
L’AMI a permis d’identifier un volume de 16,7 millions de tonnes de CO₂ par an, soit :
- 27 % des émissions de l’industrie manufacturière française
- environ 4,5 % des émissions nationales
Plus de 200 acteurs se sont positionnés sur l’ensemble de la chaîne de valeur, confirmant l’émergence d’un véritable marché du CO₂.
Par conséquent, ces résultats traduisent un besoin concret en nouvelles infrastructures de transport de gaz industriels, comparables aux réseaux énergétiques traditionnels.
Vers une dorsale de transport de CO₂ de 1 000 km
Le projet porté par NaTran repose sur la création d’une dorsale de transport d’environ 1 000 kilomètres. Cette infrastructure vise à :
- relier les principaux bassins industriels
- connecter les sites de captage de CO₂
- acheminer le carbone vers des sites de stockage ou de valorisation
Des zones comme la vallée de la Seine ou le port de Dunkerque sont au cœur du dispositif.
Au service des réseaux industriels
D’autre part, ce projet s’inscrit dans le développement de la technologie CCUS (captage, utilisation et stockage du carbone), qui nécessite des infrastructures dédiées comparables aux réseaux de gaz ou d’hydrogène. Il prévoit notamment :
- des canalisations terrestres
- des connexions vers des terminaux maritimes
- des liaisons vers des sites de stockage géologique
La connexion avec le projet DKHARBO, développé avec Equinor, permettra d’exporter le CO₂ vers des sites en mer du Nord.
Une dimension territoriale et transfrontalière
Les volumes les plus importants ont été identifiés dans le Grand Est et en Normandie, mais le projet dépasse le cadre national. Des acteurs situés au Luxembourg, en Allemagne et en Suisse ont également manifesté leur intérêt, renforçant la dimension européenne et interconnectée du futur réseau.
Laisse présager des infrastructures de demain
Avec 6,4 millions de tonnes de CO₂ biogénique identifiées, le projet ouvre aussi la voie à de nouveaux usages, notamment dans la production d’e-carburants. Pour les acteurs des réseaux, cela implique :
- la création de nouvelles infrastructures linéaires
- l’intégration dans les corridors énergétiques existants
- le développement de réseaux multi-énergies (gaz, hydrogène, CO₂)
Une première étape vers un réseau national
En confirmant le besoin d’un réseau de transport de CO₂ à grande échelle, NaTran pose les bases d’une nouvelle génération d’infrastructures pour la transition énergétique. Pour le secteur réseaux, ce type de projet annonce le développement de réseaux industriels stratégiques, appelés à structurer durablement les territoires.
