Le monde de l’eau et des réseaux publics est en deuil. André Santini, président du Syndicat des Eaux d’Île-de-France (Sedif) depuis 1983, est décédé le 1er juin 2026. Figure majeure de la gestion de l’eau potable en France, il laisse derrière lui un héritage considérable.
À la tête du plus grand service public d’eau potable du pays, il a porté une vision ambitieuse. Il entendait garantir une eau de qualité, maîtriser les coûts et anticiper les défis environnementaux.
Un pionnier de l’innovation dans les réseaux d’eau
Sous son impulsion, le Sedif a engagé plusieurs projets structurants pour renforcer la performance des réseaux d’eau potable.
Parmi les réalisations les plus marquantes figure la liaison Marne-Seine. Ce projet a contribué à sécuriser l’alimentation en eau de nombreux territoires franciliens.
Autre avancée majeure : l’installation de la nanofiltration à l’usine de Méry-sur-Oise en 1999. Cette première mondiale pour le traitement d’eau de rivière a permis d’améliorer significativement la qualité de l’eau distribuée.
Grâce à cette technologie membranaire, les exploitants ont réduit la présence de micropolluants, de résidus médicamenteux et de perturbateurs endocriniens. La sécurité sanitaire de près d’un million d’usagers s’en est trouvée renforcée.
Le « Ring de l’eau »
André Santini a également défendu une approche métropolitaine de la gestion de l’eau.
Cette vision s’est traduite par le développement du « Ring de l’eau », un vaste programme d’interconnexions entre les réseaux franciliens. L’objectif consiste à renforcer la résilience des infrastructures face aux crises sanitaires, aux incidents techniques ou aux effets du changement climatique.
Une modernisation continue des usines de production
L’innovation ne s’est pas arrêtée à Méry-sur-Oise.
Dès 2015, le Sedif a lancé un programme de généralisation des traitements membranaires haute performance sur ses principales usines de production. Cette stratégie associe nanofiltration et osmose inverse basse pression.
Cette modernisation permet aujourd’hui de répondre à des exigences sanitaires toujours plus élevées. Elle confirme également le rôle central des infrastructures hydrauliques dans la transition environnementale des territoires.
Au service des collectivités
Au-delà des innovations techniques, André Santini a défendu un modèle fondé sur la mutualisation des moyens et la solidarité territoriale.
Cette organisation a permis d’assurer un accès équitable à l’eau potable pour plusieurs millions d’habitants. Elle a également contribué à faire du Sedif une référence internationale dans le domaine des grands services publics de l’eau.
Ce modèle inspire aujourd’hui de nombreuses collectivités confrontées aux enjeux de renouvellement des réseaux et de gestion durable des ressources.
Un héritage durable
Le parcours d’André Santini restera étroitement lié à l’histoire des réseaux d’eau potable en France.
Ses investissements dans les interconnexions, les technologies membranaires et la sécurisation des infrastructures ont profondément transformé la gestion de l’eau en Île-de-France.
À l’heure où les collectivités doivent adapter leurs réseaux aux défis climatiques et environnementaux, son héritage rappelle qu’anticipation, innovation et vision à long terme demeurent les clés d’un service public performant.
À propos du SEDIF
Créé en 1923, le Syndicat des Eaux d’Île-de-France alimente aujourd’hui près de 4 millions d’habitants répartis dans 133 communes. Son réseau compte environ 8 000 kilomètres de canalisations et ses usines produisent quotidiennement plus de 800 000 m³ d’eau potable.
