Comment l’économie circulaire sauve l’électrification des réseaux

Par Armand Rosam |

La transition énergétique s'accélère à un rythme inédit. Les réseaux électriques intelligents, les énergies renouvelables et la mobilité électrique demandent des infrastructures massives. Cependant, cette dynamique se heurte à un obstacle majeur : la pénurie des matières premières.

Comment l’économie circulaire sauve l’électrification des réseaux

La transition énergétique s’accélère à un rythme inédit. Les réseaux électriques intelligents, les énergies renouvelables et la mobilité électrique demandent des infrastructures massives. Cependant, cette dynamique se heurte à un obstacle majeur : la pénurie des matières premières.

Dans son dernier rapport, le spécialiste des câbles Nexans alerte sur les tensions à venir. Pour éviter la rupture d’approvisionnement, l’industrie doit impérativement transformer ses méthodes. L’économie circulaire et le recyclage deviennent alors des piliers stratégiques.

Cuivre : le risque de pénurie

Le cuivre est le métal central de l’électrification. Entre 1995 et 2020, sa consommation mondiale a plus que doublé. Les prévisions indiquent que la demande pourrait atteindre 40 millions de tonnes d’ici 2030.

Pourtant, la capacité de production minière est estimée à seulement 33 millions de tonnes pour la même échéance. De plus, les capacités d’extraction atteindront leurs limites d’ici 2035. Ce déséquilibre menace de provoquer une volatilité des prix et des risques de rupture d’approvisionnement.

Par ailleurs, l’empreinte carbone des réseaux provient principalement de l’extraction et de la transformation des métaux vierges. Par conséquent, le modèle linéaire « extraire, fabriquer, jeter » est désormais obsolète.

Le recyclage : un levier de souveraineté

Face à ce défi, l’économie circulaire offre une solution durable. La récupération des câbles usagés permet de créer une véritable « mine urbaine ».

En effet, le cuivre et l’aluminium recyclés conservent exactement les mêmes performances techniques et mécaniques que les matériaux vierges. Ainsi, réintégrer ces métaux dans le circuit de fabrication permet de réduire la dépendance aux importations tout en décarbonant la production.

Pour répondre à cet enjeu, Nexans fixe des objectifs clairs :

  • 25 % de cuivre recyclé dans ses câbles d’ici 2028.
  • Net-zéro émission à l’horizon 2050.

Les 3 piliers d’une électrification circulaire

Pour réussir ce virage industriel, trois actions concrètes sont déployées sur le terrain :

1. Développer de nouvelles boucles de collecte

Des services dédiés comme CableLoop permettent de collecter les chutes de câbles directement sur les chantiers. De plus, des partenariats stratégiques créent des boucles fermées locales. C’est notamment le cas avec RTE pour le recyclage des câbles haute tension en aluminium démontés.

2. Intégrer des matériaux recyclés de haute qualité

Les conducteurs métalliques représentent 70 % à 90 % de l’empreinte carbone d’un câble. L’intégration d’aluminium et de plastiques recyclés (PVC et polyéthylène) réduit donc drastiquement cet impact écologique sans compromettre la sécurité.

3. Engager l’écosystème territorial

La transition concerne tous les acteurs de la chaîne de valeur. Les opérateurs de réseaux de distribution, comme Enedis, intègrent progressivement des câbles moyenne tension éco-conçus. Ces choix permettent d’allier décarbonation des travaux et résilience des réseaux.

Cap sur le « Dual Sourcing » responsable

La transition énergétique ne pourra pas s’appuyer uniquement sur l’extraction minière. C’est pourquoi les experts préconisent l’adoption d’un « dual sourcing » responsable.

Cette approche combine un approvisionnement primaire éthique et une augmentation massive des ressources secondaires issues du recyclage. Grâce à ce modèle, le secteur des réseaux peut booster la modernisation des infrastructures tout en préservant les ressources de la planète.