Gaz renouvelables : France gaz chiffre les économies à 2050

Par Armand Rosam |

France gaz publie ses nouvelles Perspectives gaz 2050. Selon l’organisation, le recours aux gaz renouvelables et bas carbone pourrait réduire le coût de la décarbonation de la France. Deux scénarios sont étudiés.

Gaz renouvelables : France gaz chiffre les économies à 2050

France gaz publie ses nouvelles Perspectives gaz 2050. Selon l’organisation, le recours aux gaz renouvelables et bas carbone pourrait réduire le coût de la décarbonation de la France. Deux scénarios sont étudiés.

Une consommation de gaz en baisse

La France devra réduire ses consommations d’énergie pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Dans ce contexte, France gaz estime que la consommation de gaz continuera de diminuer.

Selon ses projections, elle pourrait atteindre entre 221 et 278 TWh en 2050. Cela représente une baisse de 27 à 42 % par rapport au niveau actuel.

Cette baisse concernerait notamment les bâtiments et l’industrie. Plusieurs facteurs devraient y contribuer. France gaz cite notamment l’efficacité énergétique, l’hybridation des équipements et les effets du changement climatique sur les besoins énergétiques.

En revanche, la mobilité pourrait suivre une trajectoire différente. Le bioGNV, le bioGNL et l’e-méthane pourraient ainsi prendre une place plus importante dans le transport routier et maritime.

Deux scénarios pour 2050

France gaz a étudié deux trajectoires pour atteindre la neutralité carbone.

La première mise sur le développement d’écosystèmes énergétiques locaux. Elle donne une place importante à la production de gaz renouvelables dans les territoires. Cette approche s’inscrit notamment dans une logique d’économie circulaire.

La seconde repose sur une relance industrielle plus forte. Elle intègre aussi davantage d’échanges internationaux.

Malgré leurs différences, les deux scénarios poursuivent un même objectif. Il s’agit de décarboner l’économie tout en conservant un mix énergétique diversifié.

330 à 460 milliards d’euros d’économies

L’un des principaux enseignements de l’étude concerne le coût de la transition énergétique.

Selon France gaz, les deux scénarios permettraient d’économiser entre 330 et 460 milliards d’euros d’investissements d’ici 2050, par rapport au scénario de référence de la Stratégie nationale bas-carbone.

Plus de la moitié de ces économies interviendrait avant 2035. Elles reposeraient notamment sur des équipements plus efficaces ou hybrides pour les ménages et les industriels.

La trajectoire de rénovation des bâtiments constitue également un levier. France gaz estime qu’elle peut rester ambitieuse tout en maîtrisant les investissements.

Les infrastructures gaz restent essentielles

Pour les réseaux, l’étude défend aussi le maintien d’infrastructures gazières dimensionnées sur le long terme.

France gaz prévoit notamment un rôle complémentaire pour les infrastructures hydrogène à partir de 2029. L’objectif est de conserver un système énergétique résilient tout en faisant évoluer progressivement les usages.

Cette approche repose donc sur la transformation du réseau plutôt que sur sa disparition. Le gaz naturel doit progressivement laisser davantage de place aux gaz renouvelables et bas carbone.

Une production locale de gaz renouvelables

La production constitue un autre volet important des Perspectives gaz 2050.

France gaz estime que le potentiel français de biomasse peut accompagner la montée en puissance des gaz renouvelables et bas carbone. La filière biométhane s’est déjà développée dans les territoires. D’autres voies de production émergent également pour valoriser des déchets qui ne peuvent pas être méthanisés.

Le bioGPL pourrait, de son côté, répondre à certains usages diffus dans les territoires ruraux.

Cette production locale peut ainsi contribuer à diversifier les ressources énergétiques. Elle peut aussi renforcer les retombées économiques dans les territoires, selon France gaz.

Un atout pour les collectivités

Ces projections posent enfin la question de l’évolution des réseaux énergétiques locaux. La baisse des consommations devra être accompagnée par une adaptation des infrastructures et des usages.

Pour les collectivités, l’enjeu sera donc de combiner sobriété, efficacité énergétique et diversification des sources. Les gaz renouvelables pourraient constituer l’un des leviers de cette transformation, notamment dans les territoires disposant de ressources issues de l’agriculture ou des déchets.

Les Perspectives gaz 2050 défendent ainsi une trajectoire fondée sur la complémentarité des énergies. France gaz estime que cette diversification peut contribuer à réduire les coûts de la transition tout en renforçant la souveraineté et la sécurité énergétiques.