A 41 ans, Aurélie Martigue possède un parcours atypique. Elle démarre en tant que secrétaire juridique en alternance, préférant s’éloigner de la filière générale. « J’avais besoin de concret », indique-t-elle. Elle s’engage ensuite dans un BTS Assistante de direction à la suite duquel elle passe dix ans au sein du groupe Naf Naf. L’industrie du vêtement fonctionnant à flux tendus, elle souhaite alors explorer de nouveaux horizons et décroche un poste de responsable automobile et navigue dans plusieurs filiales des groupes BMW ou encore Diac, ancienne filiale de Renault. « Tout ce temps, j’avais beaucoup voyagé avec mon conjoint à La Réunion, et il nous est rapidement venu l’envie d’aller nous installer là-bas. Je suis partie avec ma fille sous le bras en décembre 2018 tandis que mon compagnon tentait une mutation », témoigne Aurélie.
La découverte des chantiers
Plusieurs missions en intérim permettent à Aurélie de chercher sa place sur le sol réunionnais. Au cours d’une mission pour Hydrotech, entreprise d’Eiffage Genie Civil spécialisée dans les métiers du cycle de l’eau, elle découvre son chef de chantier à l’œuvre. « Je me suis demandé, comment faire pour devenir ingénieure à mon âge ? Il fallait que je recommence à zéro et cela passait par trouver un centre de formation à La Réunion ».
Aurélie est alors acceptée par Neo VRD en alternance. « La direction du centre m’offre à l’époque une accession directe à la conduite de travaux mais je ne suis pas prête. Je choisis de suivre une formation d’assistante de chef de chantier et de gravir les échelons un à un ». Cette décision lui permet de bien s’intégrer pendant 18 mois dans le système réunionnais qui a sa propre manière de travailler, et de se familiariser avec les réseaux secs, l’AEP, l’EU, mais aussi d’apprendre à vérifier le niveau de sable, le dallage, le terrassement, ou encore de calculer les camions et les rotations. Elle poursuit son alternance chez Travaux Publics des Mascareignes où elle s’immerge dans le terrain.
