BRGM et VEMA Hydrogen accélèrent la production d’hydrogène géologique

Par Armand Rosam |

L’hydrogène bas carbone pourrait bientôt provenir directement du sous-sol. Le BRGM et la start-up VEMA Hydrogen viennent d’officialiser une collaboration de recherche. Elle est destinée à accélérer le développement d’une technologie encore émergente : la production d’« hydrogène orange ». Cette dernière s'obtient en stimulant des réactions géochimiques naturelles dans certaines roches profondes.

BRGM et VEMA Hydrogen accélèrent la production d’hydrogène géologique

L’hydrogène bas carbone pourrait bientôt provenir directement du sous-sol. En effet, le BRGM et la start-up VEMA Hydrogen viennent d’officialiser une collaboration de recherche. Elle est destinée à accélérer le développement d’une technologie encore émergente : la production d’« hydrogène orange ». Cette dernière s’obtient en stimulant des réactions géochimiques naturelles dans certaines roches profondes.

Cette initiative illustre la montée en puissance de nouvelles approches. Celles qui visent à produire de l’hydrogène à faible empreinte carbone. Ceci sans recourir aux procédés conventionnels de reformage ou d’électrolyse intensive. Pour les acteurs des infrastructures et de l’énergie, elle ouvre la perspective d’une filière industrielle innovante, fondée sur la valorisation des ressources géologiques.

Inspirée des réactions naturelles du sous-sol

Dans le détail, la solution développée par VEMA Hydrogen repose sur un principe scientifique bien connu des géologues : la serpentinisation. Ce phénomène naturel se produit lorsque l’eau interagit avec des roches riches en fer, comme les péridotites, générant de l’hydrogène au cours de réactions d’oxydo-réduction.

Ainsi, l’entreprise cherche à accélérer ce processus en injectant une saumure sous pression, associée à des catalyseurs, dans des formations mafiques ou ultramafiques peu profondes. L’objectif est de déclencher une production contrôlée d’hydrogène, à coûts compétitifs et avec une empreinte carbone très faible. Fondée en 2024, VEMA Hydrogen ambitionne de proposer une technologie industrialisable capable de produire un hydrogène décarboné à grande échelle.

Le BRGM apporte son expertise en modélisation géoscientifique

Pour transformer ce concept en solution industrielle, VEMA Hydrogen s’appuie sur les compétences du BRGM dans la modélisation des phénomènes thermo-hydro-chimiques au sein du sous-sol.

Par conséquent, les chercheurs mobiliseront notamment le logiciel scientifique ComPASS ainsi que le code géochimique PHREEQC. Ces outils permettront de simuler les mécanismes réactionnels, d’évaluer différents scénarios d’injection et d’identifier les principaux verrous techniques. Ceci avant la réalisation d’un futur démonstrateur industriel. Les expérimentations pourront également s’appuyer sur la plateforme MIMAROC installée à Orléans.

Un partenariat public-privé

Pour rappel, le projet s’inscrit dans le cadre du dispositif CICo (Crédit d’impôt Collaboration de recherche), mis en place par l’État pour encourager les partenariats entre entreprises innovantes et organismes de recherche.

Selon Florian Osselin, cette collaboration doit permettre « d’accélérer le développement scientifique et industriel » de la technologie afin de fournir un hydrogène décarboné et abordable.

De son côté, le BRGM renforce ainsi son positionnement sur les nouveaux usages énergétiques du sous-sol et sur les technologies contribuant à la décarbonation de l’industrie.

Une innovation stratégique

Au-delà de la seule avancée scientifique, cette collaboration témoigne de l’intérêt croissant porté à l’hydrogène géologique comme nouvelle source d’énergie. Si les travaux confirment la viabilité technique et économique de cette approche, la France pourrait se positionner parmi les pionniers d’une filière encore naissante.

Pour les territoires, les industriels et les acteurs des infrastructures énergétiques, l’enjeu est considérable. Produire de l’hydrogène à partir des réactions naturelles du sous-sol pourrait contribuer à sécuriser l’approvisionnement, réduire les coûts et accélérer la décarbonation de nombreux usages industriels et de mobilité.