Data centers : un nouveau marché pour les travaux publics

Par Armand Rosam |

Le numérique repose sur des infrastructures bien réelles, telles les data centers. C’est le constat dressé par la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) dans une nouvelle étude publiée le 26 août 2026.

Data centers : un nouveau marché pour les travaux publics

Le numérique repose sur des infrastructures bien réelles, telles les data centers. C’est le constat dressé par la Fédération Nationale des Travaux Publics (FNTP) dans une nouvelle étude publiée le 26 août 2026.

Cloud, intelligence artificielle et stockage de données font progresser les besoins en capacités de calcul. En conséquence, les data centers se multiplient.

Cette croissance crée aussi de nouvelles opportunités pour les entreprises de travaux publics.

Des besoins qui changent d’échelle

Chaque recherche en ligne mobilise des capacités informatiques. Il en va de même pour une vidéo en streaming, un paiement électronique ou une requête d’intelligence artificielle.

Ces usages nécessitent des bâtiments techniques. Ils demandent aussi des réseaux électriques, des raccordements en fibre optique et des systèmes de refroidissement.

Or, les besoins augmentent rapidement. La consommation électrique mondiale des data centers a atteint 415 TWh en 2024. Elle pourrait plus que doubler d’ici 2030, selon la FNTP.

L’essor de l’intelligence artificielle accentue encore cette tendance. Les équipements dédiés à l’IA nécessitent davantage de puissance. Ils produisent également plus de chaleur.

La France attire les data centers

La France dispose de plusieurs atouts pour accueillir ces infrastructures. Le pays compte environ 320 à 335 data centers.

Son réseau électrique constitue notamment un avantage. Plus de 95 % de l’électricité produite en France provient de sources bas carbone. Le pays bénéficie aussi d’un réseau de fibre optique développé.

Par ailleurs, sa position géographique facilite les échanges internationaux de données. Marseille constitue notamment un point d’accès majeur aux grands flux internationaux.

Les projets changent donc d’échelle. En mai 2026, près de 18 GW de capacités de raccordement avaient déjà été réservés auprès de RTE pour environ 80 projets.

L’Île-de-France reste le principal pôle. Cependant, la disponibilité du foncier et de l’électricité pousse les opérateurs à regarder vers d’autres territoires.

Les travaux publics en première ligne

Un data center ne se résume pas à un bâtiment rempli de serveurs. Sa construction mobilise de nombreuses infrastructures.

Les entreprises de travaux publics interviennent notamment sur la préparation des plateformes. Elles réalisent aussi les terrassements, les fondations et les voiries.

Les réseaux enterrés constituent un autre enjeu. Les projets nécessitent des ouvrages électriques et hydrauliques. Ils demandent également des raccordements adaptés.

Ainsi, le développement des data centers ouvre un nouveau marché pour les entreprises de travaux publics.

43 milliards d’euros d’investissements

Le potentiel économique est important. Selon la FNTP, les investissements dans les infrastructures françaises de data centers pourraient atteindre environ 43 milliards d’euros entre 2025 et 2035.

La part susceptible de concerner directement les travaux publics serait comprise entre 15 et 24 milliards d’euros.

Ces montants illustrent l’ampleur du marché à venir. Ils concernent aussi bien les infrastructures de raccordement que les aménagements nécessaires aux nouveaux sites.

Pour les entreprises de TP, le développement de ces équipements peut donc représenter une source de croissance supplémentaire.

Des contraintes à anticiper

Cette dynamique ne se fera toutefois pas sans contraintes. La disponibilité du foncier constitue un premier point de vigilance.

Les capacités électriques représentent un autre facteur déterminant. RTE estime que la consommation des data centers français pourrait atteindre 23 à 28 TWh en 2035. Cela représenterait environ 4 % de la consommation nationale.

L’eau constitue également un sujet important. Les systèmes de refroidissement doivent limiter leur consommation de ressources.

Enfin, l’intégration des data centers dans les territoires devient essentielle. Plusieurs pistes existent. Les opérateurs peuvent notamment privilégier les friches industrielles. Ils peuvent aussi renforcer les réseaux existants et valoriser la chaleur produite.

Le numérique passe donc par le chantier

Le développement de l’intelligence artificielle et du cloud donne une nouvelle dimension aux infrastructures numériques.

Derrière les données se trouvent des plateformes, des réseaux, des raccordements et des ouvrages. Les travaux publics occupent donc une place centrale dans cette transformation.

Pour les entreprises du secteur, le marché des data centers apparaît ainsi comme une nouvelle opportunité. Il faudra toutefois accompagner cette croissance tout en maîtrisant ses impacts sur l’énergie, l’eau et les territoires.