Le Bilan prévisionnel 2025 de RTE révèle une surcapacité temporaire d’électricité bas-carbone en France, offrant une opportunité unique pour accélérer l’électrification et la réindustrialisation du pays.
Une production qui dépasse la consommation
La France a rétabli et développe désormais sa production d’électricité bas-carbone au rythme nécessaire (environ 7 GW de nouvelles installations solaires et éoliennes en 2025), alors que la consommation reste stable à court terme. Cette surcapacité devrait durer deux à trois ans.
Les bénéfices de l’électrification
La stratégie de décarbonation permettrait de réduire de près de moitié les hydrocarbures importés d’ici 2035 (-500 TWh), diminuant la facture énergétique française de 50 à 70 milliards d’euros par an. Elle renforce également la souveraineté énergétique et la balance commerciale du pays.
Deux trajectoires possibles
Décarbonation rapide : consommation passant de 510 TWh en 2030 à 580 TWh en 2035, permettant d’atteindre les objectifs du Fit for 55 avec une croissance du PIB de 1,1% par an.
Décarbonation lente : 470 TWh en 2030 et 505 TWh en 2035, soit +25 TWh par rapport à aujourd’hui.
Les secteurs prioritaires
RTE identifie 30 GW de projets ayant déjà contractualisé leur accès au réseau. Pour une trajectoire de décarbonation rapide, 60% de ces projets doivent se concrétiser d’ici 2030 :
- Hydrogène : 2,9 GW (15 TWh/an)
- Industrie : 3,4 GW (113 TWh/an)
- Datacenters : 4,3 GW (15 TWh contre 5 TWh en 2025)
Les leviers d’ajustement
RTE privilégie l’accélération de l’électrification comme solution la plus efficace économiquement. L’ajustement du développement des renouvelables (notamment le petit solaire) reste possible mais moins performant et risque de fragiliser les filières nécessaires à long terme.
Des dispositifs fast track ont été mis en place pour accélérer les raccordements industriels et des datacenters. RTE pourra prioriser les projets les plus matures dès juin 2026, en collaboration avec l’État.
