PPE : Serce, Gimelec et Sycabel réclament une approche pragmatique et volontariste

Par Armand Rosam |

Le Serce, le Gimelec et le Sycabel, qui représentent les industriels et les intégrateurs de l’électricité, saluent la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) qui vient d'être publiée. Elle devra être complétée du lancement dès mai 2026 d’un plan national d’électrification reposant sur une approche pragmatique et volontariste.

PPE : Serce, Gimelec et Sycabel réclament une approche pragmatique et volontariste

Le Serce, le Gimelec et le Sycabel, qui représentent les industriels et les intégrateurs de l’électricité, saluent la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Toutefois, cette feuille de route devra être complétée dès mai 2026 par le lancement d’un plan national d’électrification. Celui-ci devra reposer sur une approche à la fois pragmatique et volontariste.

Programmation pluriannuelle : plus de visibilité

La PPE3 confirme le rôle central de l’électrification dans la décarbonation. Elle soutient également la réindustrialisation de l’économie française.

Grâce à leur fort ancrage territorial — plus de 4 000 sites en France, dont environ 200 usines — les trois organisations bénéficient désormais d’une meilleure visibilité. Ainsi, les objectifs d’électrification fixés dans la PPE et le futur plan national pourraient permettre de créer 50 000 emplois supplémentaires en cinq ans.

Ces nouveaux postes viendront s’ajouter aux 100 000 emplois déjà présents dans la production de la filière électrique. De plus, ces emplois sont pérennes, à forte valeur ajoutée et non délocalisables.

Électrifier les usages

Par ailleurs, le Serce, le Gimelec et le Sycabel soutiennent le lancement immédiat des travaux visant à construire le plan national d’électrification.

En effet, l’électricité décarbonée et produite localement ne représente aujourd’hui que 26 % de la consommation d’énergie. À l’inverse, les énergies fossiles importées, comme le pétrole et le gaz, atteignent encore 57 %.

Dans ce contexte, les trois fédérations fixent un objectif clair et proposent un levier concret pour y parvenir.

D’une part, elles recommandent de définir une cible nationale d’électrification des usages. L’objectif consiste à faire passer la part de l’électricité dans la consommation finale de 26 % à 35 % d’ici 2030, puis à 40 % d’ici 2035.

D’autre part, elles préconisent de réduire la fiscalité sur l’électricité, qui représente aujourd’hui plus d’un tiers de la facture des ménages et des entreprises. Cette mesure a récemment été mise en œuvre au Danemark.

« Réussir la transition énergétique ne consiste pas à tout électrifier. En revanche, il faut électrifier mieux et plus vite les usages pertinents », rappelle Michel Gioria, Directeur général du Serce.

« Il est désormais temps de définir une véritable stratégie industrielle autour de cette électrification. Celle-ci doit être consensuelle et dépasser les postures sur les parts respectives du nucléaire et des renouvelables. Elle doit surtout répondre aux besoins énergétiques et industriels de long terme de notre pays », ajoute Antoine de Fleurieu, Délégué général du Gimelec.

« Enfin, l’intensification des usages électriques doit devenir une priorité de la politique énergétique nationale. Son succès exige des entreprises industrielles solides et performantes. Notre industrie saura se mobiliser pour mettre en œuvre ce plan d’électrification », conclut Philippe Armand, Délégué général du Sycabel.