PPE : France Hydrogène demande l’électrification massive pour sécuriser la demande

Par Armand Rosam |

La publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) satisfait France Hydrogène qui "salue un cap clair pour la production d’énergies non-fossiles".

PPE : France Hydrogène demande l’électrification massive pour sécuriser la demande

La publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) satisfait France Hydrogène qui « salue un cap clair pour la production d’énergies non-fossiles ».

Sécuriser en électrifiant

Pour France Hydrogène, il convient désormais de sécuriser la demande. La filière salue la confirmation du plan d’électrification à venir.

L’électrification indirecte : chaînon indispensable

Alors qu’elle dispose d’un très fort potentiel de production d’électricité nucléaire et renouvelable, la France risque de faire face à un excédent électrique, faute d’une stratégie d’électrification — directe, et indirecte via l’hydrogène — assez robuste pour substituer durablement les énergies fossiles importées.

L’électrification indirecte est l’une des réponses clé à ce risque de surplus. Avec 8 gigawatts d’électrolyse visés en 2035 dans la Stratégie hydrogène révisée d’avril 2025 (SNH2), la filière hydrogène peut transformer jusqu’à 60TWh d’électricité.

Soit deux tiers de l’excédent d’électricité record de 2025 – en valeur ajoutée industrielle, en emplois non délocalisables, en souveraineté énergétique et alimentaire.

« Les projets sont prêts : l’hydrogène renouvelable ou bas carbone pour alimenter nos raffineries, des engrais décarbonés pour s’affranchir du gaz importé, l’acier vert pour remplacer le charbon, des carburants propres pour l’aviation et le secteur maritime, ainsi que des carburants pour la mobilité intensive », écrit France Hydrogène dans un communiqué.

Le compte n’y est pas

Une objection cependant : la décomposition des chiffres présentée dans le document induit une vision bien différente. Une production et utilisation de 20TWh d’hydrogène décarboné à 2035 – plutôt que les 40TWh nécessaires -, soit le seuil bas de l’objectif de la Stratégie Nationale Hydrogène révisée. « Une ambition largement insuffisante », estime la fédération.

Renoncer à la sidérurgie

« Pour la France, retenir ce seuil consiste finalement à faire une croix sur notre sidérurgie primaire, poursuivre notre dépendance à des puissances hostiles pour les engrais, la base de notre souveraineté alimentaire, et ne pas se saisir du potentiel industriel majeur de structurer une filière de production de carburants aériens et maritimes de synthèse », fait valoir France Hydrogène.

Le plan d’électrification devra donc « tendre vers le seuil haut de l’objectif de la Stratégie nationale hydrogène (40 TWh), et fixer un cadre réglementaire cohérent avec ses ambitions ».

Appel à une action politique nationale et européenne

France Hydrogène appelle le gouvernement à mettre la production d’hydrogène par électrolyse au cœur du futur plan d’électrification des usages, à travers plusieurs mesures :

  • Redimensionner le mécanisme IRICC, en cours de conception, en cohérence avec les objectifs de la Stratégie Nationale Hydrogène révisée pour le raffinage, la mobilité routière, les e-carburants maritimes.
  • Dans le Projet de Loi de Finance 2027, mettre en place un mécanisme de sécurisation des revenus pour les producteurs d’e-SAF (carburants d’aviation durable), autofinancé par le secteur aérien – sans incidence pour les finances publiques.
  • Enfin, pour l’industrie (sidérurgie, chimie) : ouvrir une nouvelle tranche d’appel d’offres sur l’ensemble des capacités restantes du mécanisme de soutien à la production (tel que prévu par la SNH2) et défendre la mise en place de marchés pilotes bas-carbone pour l’acier et les engrais au niveau européen.

Pour Nicolas Brahy, Président de France Hydrogène : « Il a fallu trois ans pour fixer des objectifs non contraignants, nous n’avons que quelques mois pour nous donner les moyens de les atteindre. La France est proche de boucler le tour de table financier de projets vitaux pour sa souveraineté alimentaire, industrielle et énergétique… ou de les voir se délocaliser. Hydrogène, acier, chimie, mobilités décarbonées : l’horloge tourne, renouons avec l’ambition pionnière de la France. »