Le bulletin de situation hydrogéologique au 1er décembre 2025 révèle une recharge en cours mais aux résultats contrastés selon les territoires et le type de nappes.
Une recharge qui progresse modérément
57% des nappes affichent des niveaux en hausse en novembre, contre 37% en octobre. La période de recharge, amorcée entre fin août et septembre sur les nappes réactives, a marqué une pause début octobre avant de reprendre fin octobre. Pour les nappes inertielles, la recharge a débuté en octobre.
Les épisodes de recharge restent toutefois inégalement répartis dans le temps et l’espace, permettant seulement de maintenir les situations par rapport au mois précédent.
Un état globalement satisfaisant mais contrasté
L’état général des nappes demeure satisfaisant, avec des niveaux allant de modérément bas à modérément hauts : 43% des points d’observation sont au-dessus des normales mensuelles, 22% comparables et 35% en dessous.
Situation moins favorable qu’en 2024 : en novembre 2024, après un début de recharge très excédentaire, 65% des niveaux étaient au-dessus des normales.
Nappes inertielles
Artois et Bassin parisien : ces nappes bénéficient toujours des recharges excédentaires de 2023-2024 et 2024-2025, mais la nouvelle période de recharge 2025-2026 tarde à se mettre en place. Les nappes moins inertielles (Artois, Champagne, Bourgogne, Gâtinais, Perche, Maine) affichent des niveaux proches des normales à modérément bas. Les nappes plus inertielles du centre du Bassin parisien conservent des niveaux modérément hauts.
Sundgau et couloir Rhône-Saône : niveaux proches des normales à modérément bas. La recharge s’est activée en octobre ou novembre grâce à des cumuls pluviométriques plus importants.
Nappes réactives
La recharge est active sur la majorité des nappes réactives, avec des épisodes inégalement répartis : baisse des niveaux en début de mois (novembre déficitaire en précipitations), puis hausse parfois conséquente en fin de mois.
Niveaux satisfaisants : situés sur une bande centrale du territoire, du Jura aux Charentes, ayant bénéficié de forts épisodes de recharge.
Niveaux modérément bas : Massif armoricain et Avesnois (recharge amorcée fin octobre seulement), Adour, pourtour méditerranéen et Corse (pluies automnales mal réparties).
Situation déficitaire persistante : les nappes du Roussillon et des Corbières affichent toujours des niveaux bas malgré une lente amélioration.
Nappes en baisse : Vistrenque, Bas-Rhône et Durance (automne déficitaire en précipitations).
Prévisions pour l’hiver
Météo-France prévoit des températures plus élevées pour décembre 2025 à février 2026, sans scénario privilégié concernant la pluviométrie.
Nappes inertielles
Sundgau et Rhône-Saône : la recharge devrait se poursuivre jusqu’au printemps 2026, avec amélioration continue en décembre grâce à l’infiltration des pluies récentes.
Artois et Bassin parisien : les pluies déficitaires de novembre ne permettent pas d’anticiper un début imminent de recharge pour les nappes les plus inertielles. L’absence de sécheresse hivernale est probable pour celles affichant des niveaux au-dessus des normales, mais les prévisions pour le printemps 2026 restent incertaines compte tenu du démarrage très tardif de la recharge.
Nappes réactives
En cas de pluies normales à excédentaires en décembre, la recharge devrait se poursuivre activement. Si la pluviométrie est insuffisante, la vidange pourrait se réactiver, dégradant rapidement les situations.
Attention particulière : les nappes du Massif armoricain, de l’Adour, du sud-est et de la Corse nécessitent une surveillance accrue compte tenu de leur début de recharge déficitaire.
Roussillon : l’atteinte de niveaux normaux au printemps 2026 reste très incertaine.
Un bulletin modernisé
Depuis juillet 2025, le bulletin de situation des nappes évolue :
- Fréquence : diffusion bimensuelle (deux fois par mois)
- Carte comparative : nouvelle palette de couleurs pour une meilleure lisibilité, comparant le mois en cours avec le même mois de l’année précédente

