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MACF : la FIEEC juge l’avenant européen insuffisant

Par Nathan Guillemant |
MACF : la FIEEC juge l’avenant européen insuffisant

La Fédération des Industries Électriques, Électroniques et de Communication (FIEEC) exprime son insatisfaction face à la proposition d’extension du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) présentée par la Commission européenne.

Un avenant attendu mais décevant

Après plus d’un an de retard, la Commission européenne propose enfin d’étendre le MACF à certains produits en aval. Depuis plusieurs années, la FIEEC alertait sur les limites du dispositif initial et ses effets économiques sur la chaîne de valeur des matériaux soumis au marché carbone ETS.

Trois critiques majeures

La proposition européenne présente selon la FIEEC trois défauts majeurs :

Une réponse partielle : l’extension ne couvre pas l’ensemble des enjeux des chaînes de valeur industrielles et propose une solution fragmentée.

Aucune protection pour les exportations : le texte ignore la perte de compétitivité des exportations, problématique critique pour la FIEEC qui représente le 4ème secteur français le plus exportateur.

Un calendrier inadapté : la réponse intervient trop tard pour contrer les premiers effets négatifs du MACF initial. Celle ci entra en vigueur dès le 1er janvier 2026.

« La FIEEC regrette l’incapacité de la Commission européenne à prendre en compte l’urgence de la situation pour les industries aval. » déclare Benoît Lavigne, directeur général de la fédération. Il désigne ainsi la quasi-totalité de l’industrie européenne cliente de la sidérurgie et des secteurs soumis à l’ETS.

Quatre demandes urgentes

La FIEEC réclame une intervention rapide des autorités publiques sur quatre points :

Suspendre la baisse des quotas gratuits jusqu’à la sécurisation complète des enjeux aval (extensions et solution pour l’export).

Créer une solution pour les exportations capable de corriger les effets négatifs sur la compétitivité.

Développer un mécanisme protecteur adapté à la complexité réelle des filières aval et de leurs chaînes de valeur.

Renforcer la simplification du dispositif, actuellement insatisfaisante. La simplification s’est limitée à exclure une majorité d’entreprises via le seuil de 50 tonnes, sans alléger réellement les contraintes pour celles qui restent soumises au MACF.

« Il est urgent de prévoir de vrais mécanismes simplifiés de protection de nos marchés vis-à-vis du risque carbone. » conclut la FIEEC.