Confronté à sa septième année consécutive de sécheresse, le Maroc accélère ses investissements dans le dessalement de l’eau de mer pour sécuriser son approvisionnement en eau potable.
Un objectif ambitieux pour 2030
Le ministre de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé le 4 novembre que le pays vise à couvrir 60% de ses besoins en eau potable par dessalement d’ici 2030, contre 25% actuellement. Cela nécessitera de produire 1,7 milliard de m³ d’eau dessalée par an. Soit près de cinq fois la capacité actuelle des 17 usines en fonctionnement (345 millions m³/an).
Des projets d’envergure en cours
Le projet de Tiznit, situé près du « grenier alimentaire » du Maroc, représente l’investissement le plus important avec 929 millions d’euros. Cette méga-usine produira 350 millions m³ par an pour alimenter les centres urbains et les zones agricoles. Les parties devraient lancer l’appel d’offres d’ici juin 2026.
Quatre usines en construction totalisant 540 millions m³ seront opérationnelles en 2027, dont celle de Casablanca (300 millions m³) développée par Acciona et le groupe marocain Akwa pour 800 millions d’euros.
D’autres projets sont prévus à Rabat et Tantan avec Veolia, ainsi que dans les villes du nord (Nador, Tanger) alimentées par énergies renouvelables.
Une situation hydrique critique
Le Maroc dispose de 620 m³ d’eau par habitant en 2020, contre 2 560 m³ en 1960. Ce niveau pourrait chuter sous les 500 m³ d’ici 2030, seuil de pénurie absolue selon la Banque mondiale.
Entre 2019 et 2024, la sécheresse a entraîné la perte d’un million d’emplois agricoles. L’agriculture consomme à elle seule 85% des ressources en eau renouvelables du pays.
Une stratégie globale
Le Plan national de l’eau (2020-2050) mobilise 35,4 milliards d’euros pour générer 4,6 milliards m³/an et économiser 2,2 milliards m³/an. Le Programme national d’approvisionnement (2020-2027) dispose d’un budget de 13,2 milliards d’euros pour optimiser la gestion et l’accès à l’eau.
