Tensions géopolitiques : impact sur les marchés de l’énergie

Par Armand Rosam |

La campagne de bombardements menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran entre dans sa cinquième journée. Dans ce contexte de tensions géopolitiques accrues, les marchés de l’énergie réagissent fortement. Le prix du gaz européen bondit de plus de 30 % en une seule séance. Les cours du pétrole progressent également, sous l’effet des inquiétudes sur le transit mondial via le détroit d’Ormuz.

La campagne de bombardements menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran entre dans sa cinquième journée. Dans ce contexte de tensions géopolitiques accrues, les marchés de l’énergie réagissent fortement. Le prix du gaz européen bondit de plus de 30 % en une seule séance. Les cours du pétrole progressent également, sous l’effet des inquiétudes sur le transit mondial via le détroit d’Ormuz.

Pour les entreprises françaises, cette situation ravive le spectre d’un choc énergétique. Mon Courtier Energie analyse les risques actuels.

Une hausse des prix à court terme, mais pas de crise comme en 2022

Le marché anticipe une baisse temporaire de l’offre de gaz naturel liquéfié (GNL). Cela entraîne une hausse des prix, avec des progressions proches de +50 % ces derniers jours.

Pour autant, les niveaux actuels restent loin des sommets de la crise énergétique de 2022, où les tarifs avaient été 3 à 4 fois supérieurs aux niveaux actuels.

Des stocks de gaz à reconstituer : un facteur de pression supplémentaire

L’hiver, plus rigoureux que prévu, a significativement réduit les réserves de gaz. En France, les stocks sont remplis à seulement 20 %, un niveau similaire à la même période en 2025.

À l’échelle européenne, le décalage est plus marqué : le taux de remplissage s’établit à 31 % en 2026, contre 40 % en 2025. Cette situation pourrait accentuer la pression sur les prix lors de la prochaine phase de reconstitution des stocks.

L’Europe reste largement importatrice de gaz et produit très peu localement. Toute hausse prolongée des prix entraîne une inflation importée. Contrairement à l’électricité, il n’existe pas de mécanisme de plafonnement. Les taxes peuvent représenter jusqu’à 25 % de la facture. Une baisse fiscale serait l’un des rares leviers pour limiter rapidement l’impact.

Diversification des approvisionnements et volatilité énergétique

« Contrairement à 2022, la France et l’Europe ont largement diversifié leurs sources de gaz », explique Hugo Larricq, Directeur Général de Mon Courtier Energie. « La majorité du gaz consommé en France provient désormais de Norvège via gazoducs et, pour le GNL, principalement des États-Unis. L’exposition directe au Qatar reste limitée. »

Selon lui, le scénario privilégié reste celui d’une crise courte. Le détroit d’Ormuz n’est pas fermé, mais la perception du risque alimente la volatilité des marchés.

« Nous faisons face à une forte volatilité à court terme, liée à la revalorisation du risque géopolitique plutôt qu’à un déséquilibre structurel du marché. Les entreprises doivent anticiper et adapter leur stratégie d’achat d’énergie dans cet environnement incertain. »