Guerre au Moyen-Orient : vers une crise énergétique majeure dès le mois de mai

Par Alexandre Foumangoye |

Alors que les prix du gaz européen ont déjà bondi jusqu'à +35 % ces derniers jours à la suite de frappes sur des infrastructures au Qatar et en Iran, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, alerte désormais sur le risque de « pire crise énergétique depuis des décennies ». Au moins 40 infrastructures énergétiques sont « gravement ou très gravement endommagées » dans neuf pays du Moyen-Orient. Mon courtier Energie en parle

Guerre au Moyen-Orient : vers une crise énergétique majeure dès le mois de mai

Alors que les prix du gaz européen ont déjà bondi jusqu’à +35 % ces derniers jours à la suite de frappes sur des infrastructures au Qatar et en Iran, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, alerte désormais sur le risque de « pire crise énergétique depuis des décennies ». Au moins 40 infrastructures énergétiques sont « gravement ou très gravement endommagées » dans neuf pays du Moyen-Orient. Mon courtier Energie en parle.

Une hausse qui s’inscrit dans la durée et se diffuse dans l’économie réelle

Hugo Larricq, Directeur Général de Mon courtier énergie groupe, précise : « Nous y sommes : la hausse s’inscrit désormais dans la durée et commence à se diffuser dans l’économie réelle. Concrètement, dès le mois de mai, les entreprises verront leurs factures de gaz augmenter, avec un effet qui se répercutera rapidement sur les ménages. »

Cette diffusion rapide dans l’économie réelle s’explique par les mécanismes de formation des prix sur les marchés de gros du gaz. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, région stratégique pour la production et l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL), provoquent une flambée des cours qui se répercute directement sur les contrats d’approvisionnement des fournisseurs d’énergie. Ces derniers répercutent ensuite cette hausse sur leurs clients professionnels et particuliers, avec un décalage de quelques semaines à quelques mois selon les modalités contractuelles.

Un impact chiffré pour les ménages : jusqu’à 600 euros par an

On estime que la facture pourrait augmenter en 2026 de l’ordre de 300 à 600 euros par an pour une maison individuelle chauffée au gaz, et de 150 à 250 euros pour un appartement. Ces montants traduisent l’ampleur du choc pour les ménages français, dont près de 11 millions sont chauffés au gaz naturel.

Cette hausse intervient dans un contexte où les ménages ont déjà subi plusieurs vagues d’augmentation des prix de l’énergie depuis la crise de 2022 consécutive à la guerre en Ukraine. Malgré les boucliers tarifaires et les dispositifs d’aide mis en place par les pouvoirs publics, le poids de l’énergie dans le budget des ménages reste élevé, et cette nouvelle augmentation risque de fragiliser davantage les foyers les plus vulnérables.

Pour les entreprises, l’impact sera encore plus marqué. Les industries énergo-intensives, chimie, métallurgie, verre, papier, agroalimentaire, seront les premières touchées, avec des coûts de production en forte hausse qui pèseront sur leur compétitivité. Les PME et TPE, moins bien armées pour absorber ces chocs tarifaires, devront arbitrer entre répercussion sur leurs prix de vente, compression de leurs marges ou réduction de leur activité.

Accélérer la transition énergétique pour sortir de la vulnérabilité

Cette crise rappelle l’urgence d’accélérer la transition énergétique européenne, seule voie pour réduire structurellement la dépendance aux énergies fossiles importées. Le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et des processus industriels, et le déploiement de solutions de stockage constituent des leviers essentiels pour renforcer la résilience énergétique du continent.

À court terme, les gouvernements européens devront arbitrer entre soutien aux ménages et aux entreprises, préservation des équilibres budgétaires et incitation à la sobriété énergétique. À moyen terme, cette crise pourrait accélérer les investissements dans les infrastructures énergétiques bas carbone et renforcer la coopération européenne en matière de sécurité d’approvisionnement.

En attendant, dès le mois de mai, entreprises et ménages devront absorber un nouveau choc tarifaire, rappelant la fragilité d’un modèle énergétique encore largement dépendant des équilibres géopolitiques mondiaux.