Gestion de l’eau : SADE lance AquaEnergia pour transformer les infrastructures hydrauliques

Par Alexandre Foumangoye |

Dans la continuité de la Journée mondiale de l’eau, l’entreprise SADE, filiale du groupe NGE et spécialiste du cycle de l’eau, annonce le lancement d’AquaEnergia, une initiative visant à repenser la gestion des infrastructures hydrauliques. L’objectif : améliorer la performance hydrique et énergétique des réseaux d’eau grâce à une approche intégrée associant ingénierie, travaux et exploitation.

Gestion de l’eau : SADE lance AquaEnergia pour transformer les infrastructures hydrauliques

Dans la continuité de la Journée mondiale de l’eau, l’entreprise SADE, filiale du groupe NGE et spécialiste du cycle de l’eau, annonce le lancement d’AquaEnergia, une initiative visant à repenser la gestion des infrastructures hydrauliques. L’objectif : améliorer la performance hydrique et énergétique des réseaux d’eau grâce à une approche intégrée associant ingénierie, travaux et exploitation.

Une nouvelle approche face à une crise silencieuse

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource en eau. En France, de nombreux réseaux sont vieillissants, avec des fuites parfois difficiles à détecter, tandis que les épisodes climatiques extrêmes se multiplient. Ces fragilités pèsent à la fois sur les finances publiques et sur la gestion durable de la ressource.

Pour répondre à ces défis, AquaEnergia prend la forme d’un Groupement d’Intérêt Économique (GIE) réunissant plusieurs entités du groupe NGE spécialisées dans le cycle de l’eau. L’ambition est de coordonner les compétences pour maximiser la performance durable des infrastructures.

Un modèle contractuel évalué pour la première fois

Pour mesurer l’efficacité de cette nouvelle approche, une étude indépendante a été menée par le cabinet Citizing. L’analyse compare deux modèles de gestion : un contrat traditionnel basé sur des moyens et un contrat fondé sur des objectifs de résultats, dans lequel la rémunération dépend de l’atteinte d’indicateurs mesurables.

Selon cette évaluation socio-économique et environnementale, le second modèle pourrait générer jusqu’à 2,4 euros de valeur pour chaque euro investi. L’étude s’appuie sur un cas appliqué aux réseaux d’assainissement, avec trois hypothèses d’amélioration : l’augmentation du taux de renouvellement des réseaux, la réduction des émissions d’hydrogène sulfuré (H₂S) et l’optimisation de la performance énergétique.

Ce gaz, issu de la dégradation des matières organiques dans les réseaux, est connu pour son odeur caractéristique d’œuf pourri et peut présenter des risques pour la santé des travailleurs lorsqu’il est présent en forte concentration.

Des bénéfices économiques, environnementaux et sociaux

Les résultats de l’étude mettent en évidence plusieurs impacts positifs pour les territoires. Sur le plan économique, l’approche pourrait permettre une optimisation des coûts d’exploitation, un allongement de la durée de vie des infrastructures et une réduction des volumes d’eaux parasites dans les réseaux.

Les gains environnementaux incluent notamment une baisse des émissions de CO₂, une meilleure efficacité énergétique et une diminution du recours aux intrants chimiques. Enfin, des bénéfices sociaux sont également identifiés, comme la réduction des nuisances, l’amélioration du cadre de vie des riverains ou encore une diminution des risques pour les équipes d’exploitation.

Pour Muriel Albert, directrice des opérations d’AquaEnergia, l’enjeu est clair : transformer les réseaux d’assainissement en véritables actifs durables, capables de générer de la valeur pour les collectivités et les habitants.

Un levier pour la transition des infrastructures

Avec ce modèle de contrat à impact hydrique, SADE souhaite désormais accélérer la transformation de la gestion des réseaux. L’idée est de lier progressivement la rémunération des opérateurs à l’atteinte de résultats mesurables, afin d’orienter les investissements vers des performances concrètes.

Cette approche pourrait notamment aider les collectivités à sécuriser les actions préventives dans la durée et à rendre plus visible la valeur créée par les projets d’infrastructure.

Présent dans une vingtaine de pays, le groupe NGE réalise aujourd’hui 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et s’appuie sur 26 000 collaborateurs. Avec AquaEnergia, le groupe entend s’inscrire dans la transformation écologique des territoires et dans l’amélioration durable de la gestion de l’eau.