Gaz : les TPE face au risque d’un nouveau choc énergétique

Par Alexandre Foumangoye |

La hausse rapide du prix du gaz européen, d'environ 32 € à près de 60 €/MWh, ravive les inquiétudes pour les entreprises de proximité. Le Syndicat des Indépendants et des TPE appelle à des mesures immédiates pour protéger la trésorerie des petites entreprises et relance le débat sur la formation du prix de l'électricité en Europe.

Marc Sanchez, secrétaire général du SDI : « Dans un contexte de flambée des prix du gaz liée aux tensions internationales, la première menace pour les petites entreprises n'est pas seulement le prix de l'énergie : c'est le choc de trésorerie. Quand une TPE voit sa facture ou ses acomptes doubler du jour au lendemain, elle n'a souvent aucune capacité d'absorption. »

La hausse rapide du prix du gaz européen, d’environ 32 € à près de 60 €/MWh, ravive les inquiétudes pour les entreprises de proximité. Le Syndicat des Indépendants et des TPE appelle à des mesures immédiates pour protéger la trésorerie des petites entreprises et relance le débat sur la formation du prix de l’électricité en Europe.

Marc Sanchez, secrétaire général du SDI : « Dans un contexte de flambée des prix du gaz liée aux tensions internationales, la première menace pour les petites entreprises n’est pas seulement le prix de l’énergie : c’est le choc de trésorerie. Quand une TPE voit sa facture ou ses acomptes doubler du jour au lendemain, elle n’a souvent aucune capacité d’absorption. »

Une flambée des prix liée aux tensions géopolitiques

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations des routes d’approvisionnement énergétique font craindre un nouveau choc sur les prix de l’énergie en Europe. Le prix de référence du gaz européen (TTF) est ainsi passé en quelques jours d’environ 32 € à près de 60 € par mégawattheure, illustrant la forte sensibilité des marchés énergétiques aux crises géopolitiques. Si cette hausse devait se prolonger, elle pourrait rapidement se transmettre aux factures d’énergie des entreprises.

Cette volatilité rappelle les chocs énergétiques de 2022, qui avaient mis en difficulté de nombreuses entreprises, contraintes d’absorber des augmentations massives de leurs charges fixes sans pouvoir les répercuter sur leurs prix de vente.

Les entreprises de proximité en première ligne

Les TPE, commerçants, artisans, indépendants et professions libérales, sont particulièrement vulnérables à ce type de choc énergétique. Plusieurs facteurs expliquent cette fragilité : des coûts énergétiques incompressibles dans de nombreuses activités (cuisson, froid, machines, ventilation), un pouvoir de négociation limité face aux fournisseurs d’énergie, et un risque immédiat de choc de trésorerie, notamment en cas de hausse brutale des acomptes ou des mensualités.

Pour de nombreuses petites entreprises, ce ne sont pas seulement les prix de l’énergie qui posent problème, mais la capacité à absorber une augmentation soudaine des charges. Une boulangerie, un salon de coiffure ou un atelier artisanal n’ont pas les marges ni les réserves de trésorerie pour faire face à un doublement brutal de leurs factures d’énergie.

Une anomalie structurelle du marché européen de l’électricité

Au-delà des mesures d’urgence, le SDI relance le débat sur la formation du prix de l’électricité en Europe. Aujourd’hui, le prix de l’électricité en Europe reste largement déterminé par celui du gaz en raison du mécanisme de formation du prix marginal. Ce système peut conduire à renchérir l’électricité y compris dans des pays, comme la France, dont une grande partie de la production repose sur des sources décarbonées et compétitives.

Marc Sanchez conclut : « La flambée actuelle du gaz rappelle une anomalie structurelle du marché européen de l’électricité : en Europe, le prix de l’électricité reste largement déterminé par celui du gaz. Cela pénalise des pays comme la France qui disposent d’une production largement décarbonée et compétitive. Il est temps que les négociations européennes avancent pour mieux refléter la réalité des coûts de production. »