C’est une information stupéfiante que relate la revue Geo. L’usine de dessalement de Rizhao, située dans la province chinoise du Shandong, ne se contente pas de séparer la saumure de l’eau de mer et saumâtre. Elle produit de l’eau moins coûteuse que celle du robinet et crée même de l’énergie sous forme d’hydrogène.
Echange de bons procédés, moins polluants
Le dessalement de l’eau de mer et de l’eau saumâtre est une technique répandue dans le monde entier. Elle est la réponse « ultime » pour certains pays aux climats extrêmes frappés de plein fouet par le changement climatique. La technique, bien qu’elle permette une eau « de meilleure qualité » est en effet très coûteuse. Elle se base sur l’osmose inverse. Mais également, une technologie maîtrisée par de grandes entreprises françaises qui consomme beaucoup d’énergie et émet d’importantes émissions de CO2. Sans parler de la gestion des rejets toxiques « appelés saumures », précise la revue Geo.
Ces inconvénients semblent dépassés à l’usine de dessalement de Rizhao, dans la province chinoise du Shandong. Selon Dazhong, l’organe de presse provincial officiel, dont les infos ont été relayées par South China Morning Post le 8 décembre dernier, l’installation fonctionnerait en récupérant la chaleur des usines voisines productrices d’acier et de pétrochimie.
Concernant sa fonction première, l’usine de Rizhao produit de l’eau douce, à un coût étonnamment bas. De l’ordre de 2 yuans par m3 (24 centimes d’euro) soit moins que l’eau du robinet évaluée à 5 yuans par m3 à Pékin. « À titre de comparaison, c’est environ 40 centimes d’euro en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, deux pays dotés d’une forte capacité de dessalement, et près de deux euros dans la plus grande usine de dessalement des États-Unis », commente Geo.
Production d’hydrogène
Cerise dans le verre d’eau, l’usine de Rizhao produit également de l’énergie sous forme d’hydrogène. On apprend que pour 800 tonnes d’eau de mer traitées chaque année, l’installation délivre 450 m3 d’eau douce « idéale pour le refroidissement industriel ou l’usage domestique, ainsi que 192 000 m3 d’hydrogène vert. Une énergie employée à faire rouler une centaine de bus sur 3 840 km toute l’année. « Il ne s’agit pas seulement de produire une bonbonne d’hydrogène ; cela ouvre une nouvelle voie pour « extraire de l’énergie de la mer », a déclaré Qin Jiangguang. Il est ingénieur principal au laboratoire de recherche marine de Laoshan à Qingdao (Dazhong).
